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Hérault : l’aide ménagère dilapide le compte d’un papi de 87 ans et s’offre plus de 10 000 € de cadeaux

Il lui est reproché d’avoir utilisé une carte de paiement pour s’offrir quelques cadeaux. Préjudice total : plus de 10 000 €. Cette multirécidiviste de 59 ans vient d’être condamnée à trente mois de prison dont dix-huit mois assortis d’un sursis probatoire.

C’est un petit bout de femme de 59 ans à qui l’on aurait donné le bon Dieu sans confession qui s’est présentée à l’audience du tribunal judiciaire de Montpellier pour répondre du chef de prévention d’abus frauduleux sur personne vulnérable.

Une quinquagénaire quelque peu vacillante et qui n’a pas caché qu’elle était « un peu stressée », lorsque le président Errabih l’a appelée à la barre du tribunal. Sans doute qu’elle savait déjà, en son for intérieur, que cette énième présentation devant une juridiction ne présageait rien de bon pour son matricule.

Plus d’argent pour payer l’Ehpad de sa femme

En l’espèce, il lui était reproché une escroquerie à l’encontre d’un Lattois de 87 ans. C’est sa nièce qui a découvert le pot aux roses lorsqu’elle s’est rendu compte que ce dernier, à la retraite pourtant confortable, n’avait plus les finances nécessaires pour payer l’Ehpad de son épouse. Une plainte est alors déposée et les enquêteurs saisis du dossier vont rapidement porter leur suspicion sur l’aide ménagère de la victime dont le casier judiciaire fait état de plusieurs condamnations pour des faits similaires.

Déjà un lourd passé judiciaire
Ce n’est pas la première fois que la prévenue comparaissait devant la justice. En 2003, déjà, elle avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis pour des faits de vol, abus de confiance et falsification de chèque commis entre 1994 et 1995. La même année, elle avait écopé de deux ans de prison assortis du sursis pour des faits d’abus de confiance et usage de faux en écriture perpétrés entre 1998 et 2000.

On la retrouve devant les tribunaux en 2013 où elle écope de six mois de prison dont trois avec sursis à la suite d’une affaire de faux et usage de faux en écriture de 2010.

En 2018, le tribunal la condamne cette fois à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour abus frauduleux sur personne vulnérable. Pour ces faits commis entre septembre et octobre 2017, il ordonne également l’interdiction de travailler durant cinq ans en tant qu’aide ménagère.

Sa dernière condamnation remonte à 2019 : sept mois de prison ferme pour des faits de 2017 de vol et d’usage de chèques contrefaits.

Ils s’aperçoivent que cette quinquagénaire, soumise à une procédure de surendettement, a encaissé deux chèques en juin et septembre 2018 de 3 900 € et 5 000 €. Chèques qu’elle reconnaît ne pas avoir « falsifiés. C’est lui qui a insisté pour que je les prenne car il savait que je traversais une période difficile financièrement. Mais je lui ai tout remboursé depuis. » Des propos confirmés par la victime entendue en audition.

Abonnement fitness, restaurants…

Mais là où les déclarations deviennent plus confuses et plus floues, c’est lorsque les gendarmes l’interrogent sur des sommes indues et l’utilisation d’une carte de paiement avec laquelle elle s’est acheté divers objets du quotidien.

Tondeuse pour chien, lisseur à cheveux, diffuseur d’ambiance, imprimante, produits de beauté, plantes… que les forces de l’ordre vont retrouver lors d’une perquisition effectuée à son domicile. Ils découvrent également qu’elle a utilisé la carte pour se payer un abonnement fitness ou s’offrir quelques bons restaurants. Soit plus de 10 000 €, au total, dilapidés !

Je suis sous antidépresseurs, j’ai un dégoût de moi-même

Ayant dans un premier temps réponse à tout, cette fonctionnaire, travaillant dans le domaine de l’environnement, a fini par craquer à l’audience, reconnaissant les faits. « Je n’aurai pas dû. J’ai honte de ce que j’ai fait de ma vie. Je suis sous antidépresseurs, j’ai un dégoût de moi-même. J’ai un fils qui est malade et dont je dois m’occuper au quotidien. J’ai passé 107 jours en prison et je ne veux plus y retourner », s’est-elle épanchée à la barre, le tout entrecoupé de longs sanglots.

Vers un placement sous surveillance électronique

Elle a finalement été condamnée à trente mois de prison dont dix-huit mois de sursis probatoire durant trois ans, avec obligations de soins psychologiques et d’indemniser la victime (renvoi sur intérêt civil fixé au 20 septembre).

Le tribunal a également prononcé l’interdiction d’entrer en contact avec la victime et d’exercer son activité d’aide ménagère. Enfin, s’il a prononcé un mandat de dépôt à son encontre, il a donné un avis favorable à son placement sous surveillance électronique.

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