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dimanche, juillet 25, 2021

Guillaume Lepers : « Villeneuve ne doit pas être le théâtre de la violence et je ne lâcherai pas »

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À Villeneuve-sur-Lot, un dispositif de sécurité fortement renforcé est mis en œuvre les jeudis, vendredis et samedis soir. Après les événements du week-end dernier où une violente bagarre générale a éclaté au centre-ville, Guillaume Lepers hausse le ton et serre la vis. Il juge ces événements « inacceptables ». « Ils ne doivent pas se reproduire ». Le maire a passé sa journée de dimanche à contacter toutes les autorités qu’il a pu. Lundi matin, accompagné des responsables de la tranquillité publique et de la police municipale, il était en réunion à la préfecture. Du jeudi au samedi, l’ensemble des bars, brasseries et épiceries de nuit de la commune devront fermer leurs portes à une heure du matin, et ce jusqu’au 16 août 2020.

Comment expliquez-vous ces incivilités et ces violences qui existent à Villeneuve-sur-Lot depuis plusieurs années ?

La délinquance à s’est installée à Villeneuve-sur-Lot depuis quelques années. Elle est due selon moi à un certain laxisme mais ce phénomène de bagarre à 50 voire 100 personnes est plus spécifique. Il est lié, je pense, au fait que, partout aux alentours, les boîtes de nuit sont fermées et les manifestations annulées. En fin de soirée, à l’heure de la fermeture des bars, certains se retrouvent sans activité. La clientèle habituée à se rendre dans les discothèques ou à des manifestations est dans la rue. Ce ne sont pas des populations qui ont l’habitude de cohabiter et ça part en bagarre. Samedi, c’est parti en bagarre de manière assez forte. Il est hors de question que tout cela continue.
J’avais déjà eu des problèmes jeudi soir. Quand un bar ferme, on se retrouve dans l’autre. Et quand le deuxième ferme, un attroupement se forme. Là, j’avais fait quelques rappels à l’ordre. Samedi, cela a pris une autre dimension.

Quel était l’objectif de la réunion de lundi avec la préfète et la procureure de la République ?

Frapper fort pour stopper ce phénomène de bagarre. C’était une réunion pour gérer le court terme, une autre aura lieu pour le long terme. Nous avons besoin de renfort d’effectif sur la police nationale. De mon côté, avec mes équipes, on va largement agrandir les plages horaires de la police municipale.
Pour essayer de réguler ces groupes qui se bousculent en fin de soirée, l’ensemble des bars, brasseries et épiceries de nuit de la commune devront fermer leurs portes à 1 heure du matin (et ce jusqu’au 16 août 202) les jeudis, vendredis et samedis soir.
Il y avait jusqu’à maintenant quelques dérogations à 2 heures. Ces bars-là se retrouvaient submerger par ces vagues de personnes. Cela mettait en danger la sécurité de leur établissement et celle de leur client. L’idée est de maîtriser cette foule qui commence à se bagarrer.
Plus de police municipale, renfort de la police nationale, alignement des horaires pour vérifier les flux, cela devrait permette de revenir dans la droite de ligne.

« Là, ce sont des phénomènes qui arrivent tard dans la nuit et qui n’existaient pas avant le Covid ».

« Plus de police municipale », ce n’est pas plus d’effectif…

Pour l’instant, ce n’est pas plus d’effectif. C’est un allongement des plages horaires. Jusqu’à aujourd’hui, la police municipale intervenait jusqu’à 23 heures le jeudi et le vendredi. Là, avec les équipes, nous avons décidé d’aller plus loin, c’est-à-dire jusqu’aux heures de fermeture, pour accompagner la police nationale.
À moyen terme, je devrais trouver une organisation différente, peut-être avec un renfort d’effectif, pour continuer à maintenir une présence le soir.
Dans la journée, ça s’est bien amélioré sur Villeneuve. Là, ce sont des phénomènes qui arrivent tard dans la nuit. Ils n’existaient pas forcément avant le Covid. Les gens partaient à Agen ou en boîte de nuit à côté. Là, plus rien n’est ouvert. En plus, Agen a serré un peu la vis il y a quinze jours suite au même problème. Dans cette population qui arrive très tard à Villeneuve, nous avons remarqué que certains venaient d’autres villes. Or, ici, ce n’est pas le théâtre de la violence.
Dans cet après Covid, beaucoup de monde n’est pas parti en vacances et n’a pas pu trouver du boulot l’été. Le centre-ville devient un réceptacle.

Pourquoi une heure ?

Une heure, c’est correct. À chaque fois, nous tapons sur les mêmes. On me disait « M. Lepers, il faut fermer les bars ». Il est hors de question de s’attaquer aux bars et aux restaurants qui ont souffert pendant le Covid.
Suite à quelques violences, plusieurs bars avaient déjà décidé de ferler à une heure. Un ou deux fermaient à deux heures. Tout le monde finissait dans le dernier établissement qui en a pris un coup, comme sa clientèle.
En harmonisant, cela permet de disperser et de pouvoir contrôler entre 1 heure et 3 heures du matin.Le problème des semaines précédentes est, avec un effectif réduit, qu’il a été très difficile d’interpeller au milieu de toutes ces bagarres. Là, il y aura des équipes suffisantes.

Pouvez-vous en dire plus sur la bagarre de samedi, en centre-ville, entre plus de 50 personnes ?

Une enquête est en cours. J’ai passé un mauvais dimanche car la sécurité me tient à cœur, je ne pourrai rien construire sans. J’ai croisé des restaurateurs qui ont vraiment vécu leur fin de service avec la peur au ventre. Quand vous devez vous barricader alors que vous comptiez finir tranquillement la soirée… Samedi, tout a démarré vers minuit et demi. Et quand vous entendez le récit… (il n’en dit pas plus). En tant que maire, je dois protéger mes citoyens et mes commerces.

« Il y a deux sujets sur lesquels j’ai dit que je taperai fort dès les premières semaines : la propreté et l’insécurité »

Est-ce que ces mesures suffiront à plus long terme ?

Non. Je me suis engagé à réorganiser ma police municipale pour qu’elle soit plus présente en fin de journée sur la période estivale.
À moyen à mettre, il faudra avoir plus de soirées avec la police municipale sur le terrain. Le duo nationale/municipale marche bien.
Je pense réorganiser le système de vidéo surveillance pour le rendre plus performant, plus efficace et tout le temps.
Côté national, je ne fais pas partie de ceux qui critiquent tout le temps l’Etat, là au contraire, je l’ai trouvé réactif. Nous devons trouver des solutions pour augmenter les effectifs de la police nationale, notamment la nuit. J’en ai parlé à la préfète. Je vais écrire à tous les parlementaires et à notre ministre.

Vous semblez particulièrement déterminé…

Je ne lâcherai pas. Il y a deux sujets sur lesquels j’ai affirmé que je taperai fort dès les premières semaines, c’est la propreté de la ville et la sécurité. Alors vous imaginez bien mon état d’esprit de la journée de dimanche quand j’ai appris les événements qui ont eu lieu en centre-ville.

Via LaDepeche

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