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Etats-Unis : pourquoi la prĂ©sidentielle est encore loin d’ĂȘtre terminĂ©e

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Quoi qu’en disent les mĂ©dias, Joe Biden n’est pas encore Ă©lu. Entre les multiples recours judiciaires lancĂ©s dans les Etats clĂ©s par Donald Trump, et ses allĂ©gations explosives concernant Dominion Voting System, la justice va avoir son mot Ă  dire.

Depuis qu’il a Ă©tĂ© proclamé vainqueur par les mĂ©dias, le candidat dĂ©mocrate Joe Biden tient ses confĂ©rences de presse sous l’appellation «bureau du prĂ©sident Ă©lu», prĂ©parant les quatre prochaines annĂ©es de son administration. A lire la presse et Ă  en croire le camp dĂ©mocrate, l’affaire serait donc entendue : l’ancien vice-prĂ©sident de Barack Obama va prendre en main la destinĂ©e des Etats-Unis en janvier prochain.

Pourtant, rarement la situation n’aura Ă©tĂ© aussi incertaine dans la foulĂ©e d’une Ă©lection. DĂ©nonçant des fraudes massives lors du scrutin, Donald Trump n’a pas admis sa dĂ©faite et son Ă©quipe juridique multiplie les procĂ©dures judiciaires dans les Etats clĂ©s. Il convient dĂšs lors de rappeler quelques points importants, qui pour une raison ou une autre ne sont pas – ou peu – Ă©voquĂ©s dans la presse : le «bureau du prĂ©sident Ă©lu» n’existe pas, pas plus que la fonction de prĂ©sident Ă©lu. Surtout, il ne revient pas aux mĂ©dias de dĂ©crĂ©ter le vainqueur de l’Ă©lection. Ces derniers se contentent de faire des projections sur les rĂ©sultats, qui ne sont Ă  l’heure actuelle que provisoires, puisque chaque Etat doit encore les certifier. Une fois que cela sera fait, le CollĂšge Ă©lectoral se rĂ©unira et ses grands Ă©lecteurs voteront pour un candidat, nommant officiellement le prochain prĂ©sident.

«Pluie de procédures» judiciaires

Or le CollĂšge Ă©lectoral ne fera son choix que le 14 dĂ©cembre prochain, et rien ne dit que la situation n’Ă©voluera pas d’ici lĂ . L’Ă©quipe de campagne de Donald Trump soutient que la loi Ă©lectorale a Ă©tĂ© violĂ©e dans plusieurs Etats, affirmant, tĂ©moignages Ă  l’appui, que d’une part des votes ont Ă©tĂ© comptĂ©s sans la prĂ©sence d’observateurs, et d’autre part que de nombreux votes frauduleux ont Ă©tĂ© pris en compte. Des procĂ©dures judiciaires sont toujours en cours dans le Michigan, la Pennsylvanie, le Nevada, l’Arizona et le Wisconsin. Un recompte de votes est par ailleurs en cours en GĂ©orgie, tandis qu’un autre va avoir lieu dans le Wisconsin.

Si les premiers recours de l’Ă©quipe du chef d’Etat sortant ont Ă©tĂ© dans leur immense majoritĂ© rejetĂ©s, Donald Trump a signĂ© une victoire qui pourrait avoir son importance en Pennsylvanie. La justice a estimĂ© que la dĂ©cision de l’Etat de prolonger le dĂ©lai du 9 au 12 novembre pour vĂ©rifier certains votes par correspondance n’Ă©tait pas valable, car adoptĂ©e par Kathy Boockvar, qui en sa qualitĂ© de secrĂ©taire du Commonwealth de l’Etat n’avait pas l’autoritĂ© nĂ©cessaire Ă  ces fins. Si ce jugement n’invalide qu’un nombre minime de votes (10 000), il pourrait ouvrir la porte Ă  une intervention de la Cour suprĂȘme, selon le constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui estime toutefois que cela reste improbable.

Il est par ailleurs notable que Donald Trump bĂ©nĂ©ficie dans sa dĂ©marche du soutien de l’ensemble de la direction des rĂ©publicains au CongrĂšs, ainsi que de son parti. Tout aussi notable, le prĂ©sident de la commission Ă©lectorale fĂ©dĂ©rale (FEC) a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© qu’il pensait qu’il y avait eu des fraudes lors de cette Ă©lection, et que les procĂ©dures judiciaires de l’Ă©quipe Trump Ă©taient fondĂ©es sur des allĂ©gations valides. La bataille juridique qui s’est ouverte ne fait donc que commencer. Selon Jenna Ellis, membre de l’Ă©quipe juridique de Donald Trump, une «pluie de procĂ©dures» est d’ailleurs encore Ă  venir.

Dominion Voting System, la clé du scrutin ?

Des procĂ©dures au premier rang desquelles se trouvera sĂ»rement Dominion Voting System, une entreprise qui gĂšre informatiquement la tabulation des votes dans plusieurs Etats. Dans le comtĂ© d’Antrim, dans le Michigan, les responsables Ă©lectoraux ont Ă©tabli aprĂšs un recompte manuel des votes que 6 000 voix en faveur de Donald Trump avaient Ă©tĂ© attribuĂ©es Ă  Joe Biden.

De quoi interpeller le camp rĂ©publicain, d’autant que Dominion gĂšre des machines similaires dans 47 comtĂ©s du Michigan mais aussi dans 28 autres Etats, dont la plupart des Etats clĂ©s. Sydney Powell, ex-procureur fĂ©dĂ©ral et avocate de Michael Flynn, dĂ©sormais dans l’Ă©quipe juridique de Donald Trump, accuse depuis des jours Dominion d’ĂȘtre Ă  l’origine d’une fraude Ă©lectorale informatique massive, Ă  mĂȘme de remettre totalement en cause les rĂ©sultats du scrutin dans les Etats clĂ©s.

Je vais relĂącher le Kraken. […] Le prĂ©sident Trump a gagnĂ© de façon Ă©crasante. Cela va ĂȘtre irrĂ©futable

L’avocate assure disposer d’Ă©lĂ©ments permettant d’Ă©tayer ses allĂ©gations explosives, comme elle l’a confiĂ© sur Fox News Business. «Des tĂ©moins de Dominion se sont manifestĂ©s. L’ampleur de la fraude est stupĂ©fiante», a-t-elle notamment dĂ©clarĂ©, prĂ©cisant qu’une vaste enquĂȘte criminelle allait ĂȘtre ouverte. «Je vais relĂącher le Kraken. […] Le prĂ©sident Trump a gagnĂ© de façon Ă©crasante. Cela va ĂȘtre irrĂ©futable.»

Si Dominion a «catĂ©goriquement nié» tout problĂšme avec ses machines Ă  voter, le camp rĂ©publicain, Donald Trump en tĂȘte, n’en dĂ©mord pas et insiste sur les failles de sĂ©curitĂ© que prĂ©senterait l’entreprise. Le chef d’Etat a notamment retwittĂ© un reportage de la chaĂźne NBC datant d’il y a quelques mois, dans lequel des pirates informatiques expliquaient la facilitĂ© avec laquelle ils pouvaient pĂ©nĂ©trer dans le systĂšme.

L’administration Trump continue de travailler dans l’optique d’un second mandat

Dans la confusion qui rĂšgne, l’appareil d’Etat amĂ©ricain n’a pas pris position. Le directeur du renseignement amĂ©ricain, John Ratcliffe, a ainsi expliquĂ© qu’aucune information ne serait partagĂ©e avec l’Ă©quipe de transition de Joe Biden tant que les rĂ©sultats ne seraient pas officiellement certifiĂ©s.

Au sein de l’administration Trump, une certaine confiance se dĂ©gage mĂȘme : le conseiller au commerce extĂ©rieur de la Maison Blanche, Peter Navarro, a par exemple confiĂ© que l’administration poursuivait son travail avec en tĂȘte l’hypothĂšse d’un second mandat du chef d’Etat : «Nous travaillons Ă  la Maison Blanche en supposant qu’il y aura un deuxiĂšme mandat Trump.» RĂ©pondant Ă  la question d’un journaliste sur la passation de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden, le secrĂ©taire d’Etat Mike Pompeo a de son cĂŽtĂ© glissĂ© dans un sourire qu’il y aurait une «transition en douceur vers une deuxiĂšme administration Trump».

En tout Ă©tat de cause, la patience semble une vertu cardinale dans cette pĂ©riode trouble que traversent les Etats-Unis. Il n’est pas inutile de rappeler qu’en l’an 2000, le candidat dĂ©mocrate Al Gore avait Ă©tĂ© annoncĂ© vainqueur par les mĂ©dias, devenant prĂ©sident Ă©lu 37 jours durant. Jusqu’Ă  ce que, aprĂšs recompte des voix en Floride sur dĂ©cision de la Cour suprĂȘme, son rival George W. Bush ne soit dĂ©clarĂ© vainqueur. VoilĂ  peut-ĂȘtre pourquoi la Russie n’a pas encore fĂ©licitĂ© Joe Biden pour sa «victoire», prĂ©fĂ©rant attendre l’officialisation des rĂ©sultats. Une position qui fait sens tant la justice pourrait jouer un rĂŽle dĂ©terminant au cours des semaines Ă  venir. Lorsqu’elle aura tranchĂ© viendra alors l’heure de fĂ©liciter le vainqueur, Joe Biden… ou Donald Trump.

Frédéric Aigouy



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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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