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ENTRETIEN. Carine Galli, journaliste sportive : « Le huis clos dénature totalement le football ! »

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l’essentiel
Carine Galli est une des têtes d’affiche de l’Equipe 21 et de M6. À l’heure où on règle les comptes de la misogynie à la rédaction sportive de France 2, elle est le symbole d’une parité naturelle et décontractée. Brillante et passionnée, elle ne mâche pas ses mots à propos de la version finale de la Ligue des champions : « Une hypocrisie totale ! »

Vous qui symbolisez la réussite des journalistes sportives à la télévision, comment réagissez-vous à « l’affaire » Clémentine Sarlat, victime de propos sexistes et de harcèlement au service des sports de France 2 ?

Je ne peux pas en dire grand-chose dans la mesure où je ne connais pas le dossier. S’il y a des gens à sanctionner, il faut bien sûr le faire. Je ne veux pas parler de gens que je ne connais pas. La seule chose que je peux vous dire, c’est que j’ai eu plusieurs fois des échanges professionnels avec un des journalistes sanctionnés, Alain Vernon, et que c’était un confrère totalement normal. Mais ce ne sont pas cinq minutes dix fois par an avec une personne qui vous autorisent à dire que vous la connaissez.

Avez-vous vous-même déjà été victime de tels comportements ?

Non, je n’ai jamais été harcelée et je ne suis jamais allée au boulot en pleurant. Mais une erreur commise par une femme n’est pas perçue comme telle, mais plutôt comme une incompétence structurelle. Surtout avec l’omniprésence des réseaux sociaux. J’ai eu majoritairement des collègues masculins et ce sont toujours des hommes qui m’ont embauchée. Je n’ai jamais eu aucun problème. Mon seul objectif a toujours été qu’ils soient satisfaits de leur choix me concernant. J’ajoute qu’il faut faire sa place dans n’importe quel milieu et que ce n’est pas réservé au milieu du journalisme en général et du journalisme sportif en particulier. J’ai de plus un caractère et du répondant !

Cela tend à montrer qu’en 2020, une journaliste sportive est reconnue à sa vraie valeur ?

Il est certain que lorsqu’on regarde des images d’il y a vingt ans, on est choqué. Dans les journaux, dans les reportages on usait vraiment de propos inappropriés, qui heureusement ne passeraient plus aujourd’hui ! Ceci étant, et pour revenir à votre première question, je n’ai jamais travaillé dans une équipe de France Télévision, mais j’ai tout de même fait pas mal de rédactions, de RMC à M6 en passant par l’Equipe. Mais je suis un cas particulier car je travaille pour plusieurs émissions sans appartenir à aucune rédaction. Je ne suis jamais présente toute une journée au milieu d’une équipe dédiée et je ne connais pas la vie de bureau avec ses habitudes, bonnes ou mauvaises ! Sur la chaîne l’Equipe, on se permet des réflexions car nous sommes très complices. Le ton et l’humeur générale viennent évidemment de la personne qui dirige tout cela. C’est le cas d’Olivier Ménard et d’Estelle Denis. Ils sont souriants, à l’écoute et aiment qu’il y ait une bonne ambiance. Je crois que cela se ressent à l’écran.

Quand et comment est née votre passion pour le foot ?

Quand j’étais petite, mes cousines étaient dingues de foot et de l’OM. Je précise que je suis issue d’une famille 100 % marseillaise. J’ai alors commencé à regarder les matchs et à écouter les retransmissions à la radio. J’ai eu ensuite envie d’aller au-delà cette passion pour comprendre et décortiquer ce milieu. Je n’avais pas envie d’être une simple fan et une consommatrice de foot. J’ai souhaité rencontrer les joueurs, mais aussi les entraîneurs, les dirigeants, les agents. Mais je ne savais pas que cela voulait dire devenir journaliste… Vu que j’étais très curieuse, on m’a conseillé de faire une école de journalisme, ce que j’ai fait. Et cela correspondait totalement à ce que je souhaitais faire.

Après cette période de confinement, qui a chamboulé les calendriers sportifs, comme appréhendez-vous la reprise de la Ligue 1 ?

J’ai beaucoup de doutes. Je ne comprends toujours pas cette cabale qui consiste à dire que nous avons eu tort en France d’arrêter le championnat et que les autres pays avaient forcément raison. Ce que je sais, c’est que nous n’avons pas eu d’institutions assez fortes et que les dissensions entre présidents ont été telles que le gouvernement a tranché. Cette décision a été prise après des semaines de cacophonie. Reste que le football à huis clos n’est pas du tout une option valable à mes yeux. Cela revient à dénaturer totalement le foot qui n’a pas de raison de vivre sans ses supporters. Les joueurs le disent aussi.

Considérez-vous que la phase finale de la Ligue des champions décote le millésime 2020 ?

Je suis absolument contre la formule retenue, qui n’est rien d’autre qu’une tambouille de l’UEFA. Pour gagner de l’argent, on continue la compétition coûte que coûte. Quand on change les règles au beau milieu d’une compétition, c’est juste impossible ! Quand on commence par un règlement et une formule, on se doit d’aller au bout avec. Je trouve grotesque d’avoir changé la règle, je pense que la Ligue des champions aurait dû s’arrêter. Une phase finale sur un match à Lisbonne, à huis clos, cela n’a aucun sens ! C’est une hypocrisie totale.

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