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« En 5 minutes, j’ai perdu deux hectares et plusieurs milliers d’euros » : un agriculteur du Lot victime de la grêle dans ses champs

C'est la désolation ce jeudi dans les parcelles de Christophe Sahuc, maraîcher bio à Castelnau-Montratier. Mercredi soir, la grêle a détruit ses raisins sur près de deux hectares. Le producteur ne s'attendait pas à un orage si violent, d'autant qu'il a été très localisé. " J'étais à la station sur le calibrage des prunes quand on a commencé à voir la pluie et le vent souffler assez violemment, peu avant 18 heures", raconte-t-il. A ce moment-là, l'agriculteur l'ignore, mais de la grêle est en train de tomber sur une partie de ses terres.

"Une fois l'orage passé, j'ai pris le Quad et j'ai fait le tour et là j'ai vu, des grêlons comme des cailloux, les fruits mâchés, les feuillages morts, le bois détruit, les raisins troués…" La liste est longue. Le constat terrible : "On a tout perdu en cinq minutes". En fait, le couloir de grêle s'est étendu sur 500 à 800 mètres. Chez les voisins, les terrains sont intacts. Sur ses 70 hectares, 20 sont consacrés à l'arboriculture (raisin, prune, pêche, cerise, abricot…). Et deux hectares de raisin, du Chasselas AOP et du Muscat, et des prunes ont été détruits par la grêle. Heureusement, les pêches et les abricots avaient déjà été ramassés. Christophe Sahuc n'a pas d'assurance. "Trop chère pour une petite exploitation" comme la sienne. Il n'a pas non plus fait installer de filets anti-grêle. Trop chers, eux aussi. Pas le choix, il va devoir " taper dans la trésorerie de début d'année et celle de l'année dernière".

Le métier d'agriculteur ou de paysans… oui c'est un métier de passionné où l'on se bat pour conserver ce que des…

Publiée par Christophe Sahuc sur Mercredi 12 août 2020

Ce jeudi matin, il a été vérifié pour en avoir le cœur net. "Aucun grain n'est récupérable, on jette les grappes". Un crève-cœur. "Ça fait partie de notre triste réalité", glisse-t-il. L'agriculteur n'a pas encore chiffré les dégâts mais ils pourraient s'élever selon lui à plusieurs milliers d'euros. Et puis, il faut aussi réorganiser les plannings des salariés. " Il a plu beaucoup, 60mm, on ne peut pas ramasser les prunes alors qu'on est en pleine récolte, le fruit est trop humide pour être cueilli, donc ce matin, une partie des 9 saisonniers était au chômage technique, les autres sur d'autres tâches comme l'entretien de parcelles et de véhicules". Bref, pour le maraîcher, l'agenda est perturbé : "Il va falloir travailler jusqu'à samedi inclus alors que généralement on s'arrête le midi, ça déstabilise une structure, ça nous met vite dans l'embarras".

Sur Facebook où il a partagé sa mésaventure, des proches ont proposé « leur bras» pour « sauver ce qui peut l’être». Un peu de baume au cœur.

Via LaDepeche

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