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« Dysfonctionnements » au sein du Refuge à Montpellier : Nicolas Noguier démissionne de la présidence

Le fondateur du Refuge, structure montpelliéraine d’envergue nationale venant en aide aux jeunes victimes d’homophobie et de transphobie, a présenté sa démission jeudi 18 février. Trois mois après une enquête retentissante signée Mediapart.

Nicolas Noguier n’est plus président du Refuge. Le fondateur en 2003 à Montpellier de cette structure venant en aide aux jeunes victimes d’homophobie et de transphobie a présenté sa démission jeudi 18 février. Le conseil d’administration a pris “acte” de cette décision et tient, dans un communiqué, à “saluer l’action de celui sans lequel la fondation n’aurait jamais pu exister”. Il propose également à Nicolas Noguier un rôle de « président d’honneur ».

Cette démission intervient trois mois après une enquête retentissante signée Mediapart. Dans ce dossier, nos confrères mettaient en lumière de profonds dysfonctionnements au sein de la structure, évoquant notamment un mode de fonctionnement quasi-sectaire, un suivi peu efficace des jeunes et un management jugé agressif.

Dans la foulée de ces révélations, le Refuge avait commandé un audit à un cabinet “extérieur et indépendant”. Audit dont les conclusions rendues publiques jeudi pointent également des “dysfonctionnements structurels” au sein de la fondation.

Climat de défiance

Parmi les principaux, selon le diagnostic du cabinet BGC : un manque de professionnalisation de l’ensemble des fonctions du siège et dans les délégations ; une charge et des responsabilités excessives placées sur les bénévoles par rapport aux salariés ; une culture défaillante qui se traduit par un manque de dialogue, un climat de défiance et un mal-être au travail d’une partie significative des acteurs de la fondation ; une absence de pilotage financier ; et une gouvernance formellement en place mais déficiente dans la pratique.

Le Refuge entend désormais mandater un cabinet de recrutement pour proposer des candidats(es) à la présidence, qui sera assurée d’ici là “collégialement” par le conseil d’administration.

Dans un premier temps, Nicolas Noguier avait réagi à l’enquête de Mediapart en estimant qu’il était facile “de récolter le témoignage d’ex-bénévoles aigris, ex-salariés en conflits, ex-jeunes (8 sur 8000, cela me rassure) en conflit”. Quelques jours plus tard, il s’était mis en retrait de la présidence. Comme le directeur général de la fondation, Frédéric Gal.

Dans l’intervalle, Michaël Delafosse, en tant que président de la Métropole de Montpellier, avait pris la décision de surseoir au versement de la subvention allouée par la collectivité.

Selon Yohann Allemand, initiateur du collectif des jeunes et anciens bénévoles du Refuge cité par Tétu, “Nicolas Noguier va certainement devoir assumer des poursuites judiciaires par la suite. Au sein du collectif, plusieurs personnes veulent déposer plainte ».

27 salariés, 450 bénévoles

Le Refuge compte actuellement 22 dispositifs d’accueil à travers la France et propose une ligne d’urgence disponible en permanence. La fondation compte 27 salariés et plus de 450 bénévoles selon France 3 Occitanie.

Dans son rapport, BGC souligne qu’au “cours des dernières années, l’activité du Refuge a connu une très forte croissance avec près de 40 000 nuitées offertes en 2019 contre 23 000 en 2015 (soit une croissance moyenne de 15 % par an). En 2020, le besoin a été encore fortement accru par la crise sanitaire et les mesures de restriction des déplacements qui l’accompagnent”.

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