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Disparue depuis deux mois : Delphine Jubillar, chronologie d’une enquête bien gardée

Delphine Jubillar est portée disparue depuis maintenant deux mois. Dates clés, zone d’ombre et témoignages, Midi Libre retrace les 60 derniers jours d’une enquête bien gardée.

Le mystère plane toujours autour de la disparition de Delphine Jubillar, cette infirmière de 33 ans qui s’est volatilisée dans la nuit du mardi au mercredi 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines dans le Tarn. 

Deux mois après sa disparition, l’enquête suit son cours et le secret de l’instruction laisse peu de places aux nouvelles révélations. La famille comme les proches de Delphine Jubillar « sont dans une attente de plus en plus insupportable » rapporte l’avocat de la partie civile. Une attente qui, ce 16 février, ne semble pas sur le point de prendre fin. Chronologie.

16 décembre 2020 : la disparition

Dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16, Delphine Jubillar disparaît à Cagnac-les-Mines dans le Tarn. La jeune mère de famille aurait quitté le domicile conjugal entre 23h et 4h du matin avec ses chiens.

Cédric Jubilar, son époux, alerte les autorités de la disparition de l’infirmière de 33 ans. Une enquête pour “disparition suspecte” est alors ouverte dans la journée.

18 – 21 décembre 2020 : importantes recherches

Les recherches infructueuses de la gendarmerie les obligent à lancer un appel à témoins. Le village de Cagnac-les-Mines au nord d’Albi voit défiler un ballet de drone et d’hélicoptères pour retrouver Delphine Jubilar. 

Les bois non loin du domicile ainsi que la rivière Tarn sont ratissés par la gendarmerie et les enquêteurs en charge de l’affaire. La disparition d’autant plus inquiétante qu’il n’y a aucun antécédent de fuite ni de fragilité psychologique connue chez la trentenaire. 

22 décembre : un divorce en cours

Cédric Jubilar confie à RTL que le couple était bien en instance de divorce, que Delphine voulait partir et que « tous les deux faisaient tout pour épargner les enfants » âgés de 6 ans et 18 mois.

23 décembre : la piste criminelle

Une information judiciaire pour « arrestation, enlèvement, détention ou séquestration arbitraire » est ouverte comme le veut la procédure, sept jours après une disparition. Les enquêteurs privilégient désormais la piste criminelle.

Une grande battue citoyenne est organisée par la gendarmerie pour couvrir un périmètre encore plus large. Elle ne donnera rien.

24 décembre : fouille au domicile conjugal

La veille de Noël, les enquêteurs procèdent à des investigations dans et aux abords de la maison. Ils ne trouvent rien de concluant et le mystère s’épaissit un peu plus autour de la disparition de Delphine Jubillar.

La maison des Jubillar, à Cagnac-les-Mines dans le Tarn.
Midi Libre – Nicolas Zarrouk

4 janvier 2021 : les proches se constituent partie civile

Cousins, amis, collègues, six proches de Delphine Jubillar, se constituent partie civile dans l’affaire. De plus en plus inquiets, c’est l’avocat Me Philippe Pressecq qui les accompagne.

“Aujourd’hui on a changé de cadre car une instruction criminelle a été ouverte. Ce qui permet aux proches de se constituer parties civiles. Cela leur permettra d’avoir accès au dossier. Ils veulent connaître la vérité. Ils sont extrêmement choqués par cette disparition. Ils trouvent cela inexplicable, incroyable. Ça ne correspond pas à Delphine. Ils savent qu’ils peuvent apprendre le pire. Leur espoir s’amenuise de jour en jour. Il fait place à l’angoisse. » expliquait alors l’avocat.

L’avocat Philippe Pressecq représente des proches de la disparue, qui doutent aujourd’hui de jamais la revoir en vie.
Midi Libre – Nicolas Zarrouk

5 janvier : Cédric Jubilar, lui aussi partie civile

Le lendemain c’est au tour de Cédric Jubillar de se constituer partie civile.

« C’est une démarche logique de quelqu’un qui veut avoir accès au dossier, pour savoir quels sont les éléments de l’enquête en cours sur la disparition de sa compagne », explique Me Jean-Baptiste Alary, avocat de Cédric Jubillar. 

Il sera le 6 janvier convoqué au domicile conjugal par des enquêteurs toujours à la recherche d’indices.

Pointé du doigt dans l’affaire, Cédric Jubillar est passé aux yeux de tous de victime à suspect. Son avocat fait une mise au point.

13 janvier : une mystérieuse connexion 

Le compte Facebook de Delphine Jubillar s’active mystérieusement et publie un message vide. Il est supprimé aussitôt. Quatres options sont alors sur la table : il s’agit soit d’un hackeur, soit des enquêteurs, soit d’un bug ou de Delphine elle-même.

D’où vient l’étrange activation du compte facebook ?
Midi Libre – Théo Ruiz

16 janvier : un mois de mystère

Un mois après la disparition de Delphine, les enquêteurs commencent à dresser son portrait et son quotidien. Une “maman poule”, une infirmière appréciée dans sa clinique, un couple fragile, une maison en travaux depuis longtemps et une potentielle relation à distance. Bien que virtuelle, cette piste interroge les enquêteurs qui trouveront l’homme de l’autre côté de l’écran. Il sera mis hors de cause.

Le petit village est lui toujours sous le choc. La maire de la commune et les voisins du couple s’exprimaient alors au micro de Midi Libre.

1er février : un sms le soir de la disparition

Alors que peu d’éléments fuitent sur l’avancement de l’enquête, l’avocat des proches dévoile l’existence d’un SMS envoyé par Cédric Jubillar à une voisine.Selon lui, le mari aurait envoyé : « Dis à Delphine de rentrer » en texto à la voisine.

Pour lui, il se serait réveillé, se serait aperçu de l’absence de son épouse avant de penser qu’elle était chez son amie la voisine et donc envoyé le texto. Cette dernière lui aurait répondu : « Non, Delphine n’est pas avec moi ». Signe évident de la sincérité du mari selon son avocat.

4 février : pistes et zones d’ombre

Le SMS du mari, l’étrange message sur Facebook, le silence des parties civiles, l’affaire Jubillar est aussi floue que bien gardée. Peu d’informations sont partagées et les pistes sur lesquelles travaillent les enquêteurs sont bien maigres.

La thèse du suicide est sur la table, comme celle de l’accident. Delphine Jubillar aurait pu partir en pleine nuit afin de mettre fin à ses jours. Un voisin “pressant” est aussi évoqué par Me Pressecq, l’avocat des proches de Delphine Jubillar. Selon lui, l’infirmière aurait confié qu’elle en avait peur et qu’il avait été plutôt insistant. L’homme en question nie toute implication dans la disparition de sa voisine.

9 février : le portable s’active à nouveau

Dans la nuit de mardi à mercredi 10 février, le portable de Delphine Jubillar s’active à nouveau pendant plusieurs heures. Bug informatique, piratage, connexion volontaire ? Peu de réponses apportées mais il pourrait s’agir d’une activation de la part des services d’enquête qui ont la main sur le réseau de l’appareil à distance.

Percer le mystère du téléphone de Delphine, toujours introuvable, ferait sans nul doute avancer l’enquête.

16 février : deux mois d’attente et un suspect ?

Cela fait maintenant 60 jours que Delphine Jubillar a disparu. L’avocat des proches affirme que les enquêteurs auraient un suspect : “La seule chose qu’on suppose c’est qu’une enquête longue comme celle-là laisse présager que les enquêteurs ont depuis le départ pratiquement, des personnes suspectées ou un suspect. Ils tissent patiemment leur toile et attendent d’avoir recueilli assez d’éléments pour placer la personne en garde à vue et la mettre en examen.” nous explique-t-il

“Officiellement on ne sait pas s’il y a des suspects. Officieusement, je suis sûr qu’il y en a. Ça me paraît impossible qu’ils n’aient rien trouvé. Le crime parfait n’existe pas.”

Une attente “de plus en plus insupportable” pour les parties civiles dans l’affaire.

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