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Des camping-caristes français témoignent de leur confinement « forcé » au Maroc

Dans le dernier numéro de la revue « MondeCamping-Car » des camping-caristes français rentrés ou même encore au Maroc témoignent de leur « mésaventure » dans le Royaume. A la lecture de l’article force est de constater que nombre d’entre eux gardent un excellent souvenir de cette situation peu facile à vivre. Certains encensant la population et autres autorités locales, voire même leur représentation diplomatique les ayant soutenus durant ce « blocus » si l’on peut dire.

Leur aventure avait débuté avec la fermeture des frontières entre la France, l’Espagne et le Maroc voire d’autres pays de la rive sud de la Méditerranée. Dès le 23 mars, plus aucun bateau ne pouvait partir avec des passagers à son bord. Des milliers de camping-caristes français, belges, allemands… se sont du coup, trouvés bloqués sur l’autre rive loin de leur pays.

Cependant à la faveur d’accords passés entre la diplomatie du Royaume et de l’Hexagone certains ont pu embarquer sur quelques ferrys qui reçurent l’autorisation de la traversée, tandis que d’autres, sont restés confinés dans des campings ou sur des aires d’accueil en attendant leur rapatriement qui s’est fait au compte-gouttes à partir de Tanger-Med vers Sète, l’Espagne étant hermétiquement close à tout compromis.

« Nous sommes à Sebta depuis 48 heures avec un petit espoir de pouvoir prendre un bateau dans l’après-midi. Dernière nouvelle, la frontière est fermée avec environ 400 à 500 camping-cars qui attendent», témoignent certains.

La frontière avec Sebta a effectivement été fermée le 23 mars à minuit. Une longue file d’attente s’est alors formée, de centaines de camping-cars n’ayant aucune possibilité d’approvisionnement en nourriture, en eau ou en médicaments et dont Hespress.fr s’était fait écho.

Deux jours plus tard les portes de Sebta s’ouvraient pour une cinquantaine d’entre eux. « Quand je suis arrivé, devant moi il y avait 220 camping-cars, une demi-heure après il y a 50 camping-cars qui sont passés côté Espagne. On s’est dit : +Ça va être bon+. Et depuis, plus rien. Il y a beaucoup de gens, probablement plus émotifs, qui ont décidé de faire demi-tour et de partir à l’aventure dans les campings marocains. Mon sentiment à moi, c’est que beaucoup de Français ne croient plus à un rapatriement », confie un camping-cariste.

Et effectivement nombre de camping-caristes on fait alors le choix du confinement sur place contrairement à notre narrateur. Pour certains la direction du sud du pays ne faisaient pas l’ombre d’un doute et c’est vers dans des campings ou sur des aires d’accueil qu’ils se sont dirigés.

Michel et Marie-Madeleine qui se sont rendus, dans un camping près d’Agadir, le 25 mars témoignent :«C’est la panique au nord du pays. Ça va vraiment mal. Mais nous, nous sommes à 800 km du nord du Maroc. Plus on s’éloigne du nord, plus on est tranquille. Le terrain de camping est très grand, on peut se balader à l’intérieur. Tous les camping- caristes qui sont là sont arrivés au Maroc avant que le coronavirus ne touche l’Europe. Les allées du camping sont un vélodrome ce matin, les gens font de la gymnastique… Les employés du terrain se sont aussi confinés ici, pour limiter au minimum les contacts avec l’extérieur. Donc tout va bien. Nos enfants qui sont en France, nous disent : +Vous êtes très bien là- bas, restez-y+».

Autre témoignage, celui de Marie-Christine qui, elle, a choisi de s’établir sur une aire d’accueil. Voici le récit qu’elle nous livre par téléphone,« Je suis sur l’aire de camping-car à l’entrée de la médina de Taroudant. Il y a à peu près 20 à 25 camping-cars. Nous sommes en confinement depuis samedi. C’est une aire de camping-cars privée, qui a tout comme un camping, les sanitaires, la douche… On a tout ce qu’il nous faut. Quand mes copains m’ont dit : “Tu pars avec nous”, j’ai dit : “Non, moi j’attends que ça se passe. Je reste ici».

Au même moment, le 25 mars, les camping-caristes bloqués devant Ceuta sont invités à se rendre sur le parking du port de Tanger Med. Emidio le narrateur raconte : « Quand nous sommes arrivés en convoi hier après-midi, il y avait des fruits et légumes, des commerçants ambulants, des toilettes homme et femme. Il y a des livraisons de bouteilles de gaz. Il y a infirmières, pompiers, et beau- coup de gendarmes. Nous avons aussi à disposition un médecin, les gens apportent l’ordonnance, et ils vont chercher les médicaments. Disons que, hormis le fait qu’on attend tous de pouvoir rentrer à la maison, c’est tout à fait acceptable. »

Puis un bateau est annoncé pour le dimanche 29 mars. Une traversée effectuée par une compagnie privée, à la demande des autorités françaises. Emidio nous en parle, avant le départ : « Le consul nous a réunis ce matin. Un bateau va partir de- main pour Sète. C’est une traversée commerciale, donc c’est payant, ce qui me semble tout à fait normal. Pour un camping- car de 7,00 mètres avec un couple, on nous a annoncé un prix de la traversée à 1 200 €. Il me semble qu’il y a des gens qui ne veulent pas partir à ces conditions. »

En effet, beaucoup de camping- caristes encore au Maroc ne sont pas intéressés par cette traversée. C’est le cas de Géraldine, qui se trouve dans un camping de Tiznit (dans le sud du pays, à une quinzaine de kilomètres de l’océan) : « Il y a d’abord le problème du prix. Cela nous revenait à 2 300 €, sans la cabine ni les repas. Mais ce qui nous a vrai- ment fait hésiter, c’est le niveau d’infection de la France par rapport au Maroc. Car il faut dire que le Maroc a pris des décisions de confinement assez rapidement. »

Le récit le plus détaillé du confinement au Maroc nous est adressé par Annick, une camping-cariste qui se trouve dans un camping près de Marrakech poursuit la revue : « Le masque est obligatoire pour aller à l’épicerie du camping ou à la réception. On nous en vend à volonté, pour un prix dérisoire. Les sorties sont autorisées pour aller faire des courses, ou aller chez le pharmacien. Nous prenons alors un petit bus, qui habituellement conduit les touristes vers les visites. Ce bus est prévu pour 16 personnes, mais lorsque nous l’avons emprunté, nous n’étions que tous les deux, mon mari et moi. Pour 100 dirhams (9,20 €), il nous descend devant un supermarché. Quand on arrive, on est déjà gantés et masqués, et ensuite on nous donne un chariot qui a été pulvérisé d’un produit nettoyant, et en plus des gants que nous avions nous, on nous a demandé de mettre des « surgants » pour choisir les légumes et les fruits ».

Un confinement très strict à l’extérieur des campings, mais plus aléatoire à l’intérieur des structures d’accueil. L’une de nos correspondantes, Nelly, pointe le relâchement de camping-caristes présents comme elle dans un camping de Tiznit : « Le pire, c’est la fiesta pour certains (alcool, chants, musiques) pour le repas du midi jusqu’à 17 heures avec une reprise le soir jusqu’à 23 heures. Inutile de vous dire les conflits que cela entraîne. Hier, deux camping-caristes en sont pratiquement venus aux mains ! ».

Tous les camping-caristes français que nous avons interviewés expriment leur gratitude à l’égard des autorités marocaines, et plus largement des Marocains rapporte le magazine paraissant tous les deux mois. Emidio, à Tanger Med : « Les efforts qui ont été faits par les Marocains sur ce parking sont énormes.» Marie-Christine : « Pour ces gens, le sens de l’hospitalité veut vraiment dire quelque chose. » Ou encore Nelly et Michel, au camping de Tiznit : « Nous serions des ingrats si nous ne remerciions pas et ne parlions pas de la réactivité des autorités marocaines, qui ont pris des mesures fortes pour limiter la propagation du virus. »

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