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Covid-long : ces Montpelliérains racontent leurs craintes face à cette maladie qui les ronge

Une maladie nouvelle les touche. Elle se répercute sur l’ensemble du corps. Quatre personnes ont accepté de témoigner sur ce qu’on appelle le Covid-long.

1. Jeanne, 26 ans

« Plusieurs fois, j’ai cru mourir. » Grabelloise de 26 ans, Jeanne a été testée positive au Covid en novembre dernier. « Une semaine avant, je suis allé chez mon kiné. Au milieu de la consultation, il apprend que sa conjointe est positive. Il m’a expliqué que, depuis la veille, ils avaient des doutes. Mais il est quand même venu. Ma famille lui en veut. Moi non. J’essaie de relativiser.

 » Après une dizaine de jours avec des symptômes « supportables », sa santé se dégrade. « Je me suis étouffée. J’étais seule dans ma chambre. Le seul moyen de prévenir ma mère qui était dans le salon c’était de taper et lancer des objets. Ça a duré 10 minutes jusqu’à ce que je reprenne mon souffle. Depuis ce jour-là, on a décroché la sonnette de mon vélo en cas de problèmes. »

Sept jours plus tard,  » j’ai été transportée aux urgences. J’avais des fourmillements dans tout mon corps et je ne pouvais plus bouger. » Après différents examens, Jeanne est ressortie de l’hôpital. « Ils se sont avérés normaux et pourtant, en sortant de l’hôpital j’ai dû aller en fauteuil roulant jusqu’à la voiture. » Cet épisode a duré une journée. « Je savais que c’était que le début. »

Des épisodes temporaires, elle en connaîtra d’autres. « J’ai fait un récapitulatif de mes symptômes. Il y a 5 pages. » Parmi eux, des grosseurs au niveau des mains, une sciatique « qui a duré 2 jours causant une douleur comme je n’ai jamais eu », de l’eczéma, etc.

« En permanence, j’ai des maux de tête comparables à une musique de fond dans un supermarché. Des troubles de la concentration, des essoufflements et une tachycardie. Au moment où je vous parle, je suis assise depuis trente minutes et ma pulsation est de 111 par minute. »

2. Pascal, 44 ans

« Un jour vous allez bien, le lendemain non. C’est épuisant. » Le premier symptôme ayant alerté Pascal, en avril, a été « une très forte douleur à la poitrine. » Après des analyses sanguines, « on m’annonce que je fais une embolie pulmonaire. »

Transporté d’urgence à l’hôpital, Pascal effectue une batterie de tests. « Avant de venir à l’hôpital, j’avais effectué un test PCR. On attendait les résultats. Ma santé s’aggravait. J’avais une fatigue extrême et je me suis étouffé. Ce n’est que le lendemain que j’apprends que je suis positif. »

Après être sorti de l’hôpital dans la journée, Pascal passe de longues semaines avec des symptômes « qui venaient puis repartaient alors que tous les examens étaient bons. » Deux autres crises l’ont amené à l’hôpital. « J’avais la respiration d’un homme de 80 ans. J’ai eu des problèmes de concentration, je ne trouvais plus mes mots. Il m’est arrivé de ne plus pouvoir marcher. Aujourd’hui, c’est mieux mais tout n’est pas réglé. »

3. Katja, 25 ans

« Aujourd’hui, je ne dis plus « quand » mais « est-ce que » je vais en sortir. « En avril, Katja a « eu tous les symptômes du Covid sauf la perte de goût et d’odorat. » Elle n’a pas été testée « car à l’époque on ne testait pas quand on savait que c’était ça. Puis je n’étais pas en état de sortir de chez moi. »

Mise à l’isolement pendant 15 jours, Katja a vécu « l’enfer ». Au-delà des conséquences physiques, Katja reconnaît « la difficulté psychologique. J’étais seule. Loin de ma famille. Face à mes questions et mes peurs. On ne connaissait pas cette maladie. Je n’osais même pas appeler le Samu lorsque ça n’allait pas. Je me disais que je préférais mourir chez moi plutôt qu’à l’hôpital au vu de ce qu’on voyait à la télé. »

Plus d’un mois après, la situation s’améliore. Néanmoins « la fatigue reste très forte. L’essoufflement aussi. » C’est toujours le cas aujourd’hui. « Je ne pouvais rien faire. Même pas mes courses. Le plus dur a été toutes les questions sans réponses. » Pour essayer d’avancer, cette ancienne sportive « consulte une psychologue qui a décelé un choc post-traumatique » depuis qu’elle a eu le virus.

« En décembre, j’ai eu à nouveau tous les symptômes. Je n’ai pas voulu me faire tester car je n’aurais pas supporté un test positif. En parler, aujourd’hui, m’aide à aller mieux. »

4. Nicolas, 39 ans

« Le plus difficile c’est de voir la peur dans les yeux de ses enfants. » Ancien rugbyman de 39 ans, Nicolas a été admis à l’hôpital en mars dernier. « Après 8 appels au Samu, ma femme m’a emmené à l’hôpital car je m’ettoufais. Cela faisait quelques jours que j’avais de la fièvre, une forte toux et j’étais très fatigué. »

On lui annonce qu’il va rester 15 jours à l’hôpital. « Deux jours après, je suis admis en réanimation. J’étais monté à 42° de fièvre avec une saturation à 70. On m’annonce que mes heures sont comptées. Dans le service, tout le monde est inconscient. Je me dis que je suis le prochain. »

Heureusement, Nicolas se remet rapidement et sort au bout de 13 jours de l’hôpital. « J’avais perdu 13 kg. » Quelques semaines plus tard, des pertes de mémoire apparaissent. « Ma mémoire à court terme était impactée. Je faisais quelque chose, 5 minutes après je ne m’en rappelais plus. Ca a duré deux mois. »

La fatigue était toujours aussi présente. « Je dormais tout le temps. Au fur et à mesure, ça s’est amélioré. Aujourd’hui encore je n’ai pas retrouvé ma vie d’avant. Le soir, je suis très fatigué. Il m’arrive d’avoir d’énormes maux de tête. Ils disparaissent en une journée. » La plus grande crainte de ce grand gaillard, « c’est de choper une nouvelle fois le Covid. On comprend une fois qu’on l’a eu. »

Des groupes de soutien sur Facebook
Dès les premières apparitions de Covid-long, les malades se réfugient sur internet à la recherche d’informations. Des associations, comme “Après J20 – Association Covid Long France” ou des groupes Facebook comme “Covidlong la maladie sur le long terme” permettent de recueillir la parole et apporter un soutien psychologique.

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