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Covid-19 : et si une variante génétique héritée de Néandertal réduisait le risque de formes graves

L’homme de Néandertal nous a légué une variante génétique, il y a 60 000 ans, qui pourrait réduire le risque de contracter une forme sévère liée au Covid-19.

Qui l’eut cru ? Une variante génétique, héritée de l’homme de Néandertal, réduirait le risque de forme sévère de Covid-19, révèle une nouvelle étude menée par des chercheurs japonais. Pourtant transmise il y a près de 60 000 ans, cette variante est peut-être parvenue à réduire le nombre d’hospitalisations.

Imaginez un peu le topo ! Il y a près de 60 000 ans, une variante génétique a été transmise aux humains – nous ! – par croisement entre Néandertaliens et humains modernes. Et aujourd’hui, en pleine pandémie, des chercheurs constatent que cette même variante aurait permis de limiter – dans une certaine mesure – les formes sévères de Covid-19. De la science-fiction ? Non, une réelle découverte.

Le risque réduit de 20%

Des chercheurs de l’Okinawa Institute of Science and Technology Graduate (OIST), en collaboration avec des scientifiques allemands, viennent de faire cette découverte surprenante : un groupe de gènes, qui réduirait le risque qu’une personne devienne gravement malade de la Covid-19 d’environ 20%, est hérité des Néandertaliens.

Ils précisent dans leur étude que ces gènes sont situés sur le chromosome 12 et qu’ils codent pour des enzymes qui jouent un rôle primordial en aidant les cellules à détruire les génomes des virus envahisseurs – et donc du Sars-CoV-2.

L’âge et certaines maladies ont aussi un impact

Attention toutefois, les facteurs génétiques – bien qu’importants – ne sont pas les seuls facteurs à prendre en compte dans les formes graves de Covid-19, l’âge avancé et certaines maladies ayant également un impact significatif.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette variante génétique est plutôt fréquente bien que transmise il y a près de 60 000 ans. Les chercheurs indiquent même qu’elle a augmenté en fréquence au cours du dernier millénaire au point de se trouver désormais chez près de la moitié des personnes vivant en dehors de l’Afrique.

Malgré l’extinction des Néandertaliens il y a environ 40 000 ans, leur système immunitaire nous influence encore

Fait surprenant, une étude a révélé l’an dernier que le plus grand facteur de risque génétique doublant le risque de développer une forme sévère de Covid-19 avait également été hérité… des Néandertaliens. Le nouveau facteur génétique identifié irait donc désormais dans une direction totalement opposée, se révélant lui protecteur… Difficile de s’y retrouver.

« Il est assez étonnant que, malgré l’extinction des Néandertaliens il y a environ 40 000 ans, leur système immunitaire nous influence encore de manière positive et négative aujourd’hui », commente l’un des auteurs de l’étude. « L’augmentation de la fréquence de cette variante protectrice de Néandertal suggère qu’elle a pu être bénéfique également dans le passé, peut-être lors d’autres épidémies causées par des virus à ARN », conclut-il.

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