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Coup d’État au Mali : des milliers de personnes fêtent « la victoire du peuple » à Bamako

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Des milliers de personnes se sont rassemblées vendredi à Bamako pour fêter « la victoire du peuple », trois jours après le coup d’État qui a renversé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, et à la veille de l’arrivée d’une mission ouest-africaine.

Dans le centre de Bamako, les milliers de partisans de l’opposition, qui manifestaient depuis juin pour réclamer le départ du président Keïta, dit « IBK », ont célébré sa chute à l’appel de la coalition d’opposition du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). « Nous avons gagné (…) c’est la victoire du peuple », jubilait Mariam Cissé, 38 ans.

Une mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), attendue samed, i sera conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, accompagné du président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, et du ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao.

La junte recevra « avec plaisir » cette délégation, a assuré un responsable de cette dernière, alors que plusieurs manifestants, à Bamako brandissaient des pancartes hostiles à l’organisation ouest-africaine qui a réclamé, jeudi, le « rétablissement » du président Keïta, qui était au pouvoir depuis 2013.

Jeudi soir, les putschistes avaient permis à une équipe de l’Onu de rendre visite aux personnalités qu’elle détient, dont le Président renversé et son Premier ministre Boubou Cissé, arrêtés avec d’autres par les militaires lors de leur coup d’État, mardi.

A man cheers during a protest to support the Malian army and the National Committee for the Salvation of the People (CNSP) in Bamako, Mali, on August 21, 2020. Mali awoke on August 19, 2020, to a new...
(Photo AFP)

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Encore 17 détenus

Les putschistes retiennent les personnalités arrêtées au camp militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako, devenu le centre du nouveau pouvoir. « Nous avons autorisé une mission des droits de l’homme de l’ONU au Mali à rendre visite à tous les 19 prisonniers de Kati, y compris l’ex-Président Ibrahim Boubacar Keïta et l’ancien Premier ministre Boubou Cissé », a déclaré un responsable de la junte, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

« Nous avons libéré deux prisonniers, l’ancien ministre des Finances et de l’Économie, Abdoulaye Daffé, et Sabane Mahalmoudou », le secrétaire particulier du Président, a affirmé le responsable de la junte, « c’est la preuve que nous respectons les droits de l’Homme ».

Abdoulaye Daffé est considéré comme proche du chérif de Nioro, autorité musulmane et mentor de l’imam Mahmoud Dicko, figure de proue de la contestation.

IBK « fatigué mais serein »

Le président déchu et son Premier ministre ont été transférés dans une villa de Kati, ville garnison proche de Bamako, où ils sont privés de télévision, de radio et de téléphone, selon deux personnes ayant assisté à la visite, dont un responsable de la junte. « Leurs conditions de détention sont acceptables ». Le président malien « avait l’air fatigué mais serein », selon une de ces sources. Quant à Boubou Cissé, il était d’un « calme olympien ».

Colonel Major Ismael Wague, spokesperson of the CNSP (National Committee for the Salvation of the People) gestures to a crowd of supporters as he arrives escorted by Malian soldiers at the...
La junte entend mettre en place « un conseil de transition », avec un président qui sera « un militaire ou un civil ». Ci (-dessus : le colonel Ismael Wague, porte-parole du CNSP. (Photo AFP)

Les responsables du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) mis en place par les militaires et dirigé par un colonel de 37 ans, Assimi Goïta, ont rencontré jeudi des membres de la société civile et des dirigeants politiques, dont des représentants des partis de la majorité soutenant IBK.

La junte entend mettre en place « un conseil de transition », avec un président qui sera « un militaire ou un civil ». Elle a annoncé la réouverture, dès vendredi, des frontières terrestres et aériennes, même si les pays de l’Afrique de l’Ouest ont décidé de fermer les leurs avec le Mali, sauf pour les denrées de première nécessité, les médicaments et l’énergie.

Par ailleurs, le chef de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, enlevé par de présumés jihadistes le 25 mars, en pleine campagne législative, a transmis des lettres à sa famille, sans contact avec lui depuis des mois, a annoncé vendredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Il s’agit d’une des premières preuves de vie de l’ancien candidat aux présidentielles de 2013 et 2018, même si le président Keïta avait assuré, mi-juin, que son rival était « en vie ».



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Source

Media7

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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