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Comment les fromagers des Hautes-Pyrénées ont innové pour écouler leur stock

Parmi les multiples conséquences économiques de la pandémie, le dernier numéro du bulletin d’information de l’Association Nationale des élus de montagne (Anem) évoque « une baisse abrupte de 20 % de la consommation des fromages AOP ». Qu’en est-il des fromages fermiers des Hautes-Pyrénées ? Les saloirs des producteurs débordent-ils de stocks de tommes?

Nicolas Casteyde, président de l’association des fromagers fermiers de Bigorre, indique ne pas « avoir eu des contacts avec tous les producteurs, mais je n’ai pas eu de retour de stocks importants. Certes, il y a eu, notamment au début du confinement, un peu de panique et une perte d’activité, mais nous avons la chance d’avoir de petites exploitations et de travailler à 90 % en circuit court. Alors que les AOP travaillent avec des grossistes ». Nicolas Casteyde souligne qu’en plus de la vente directe qu’ils pratiquaient déjà, les fromagers ont mis en place les livraisons à domicile, « car les gens étaient chez eux », ou sur des points de collecte via le site cagettes.net

« La vente directe à la ferme, sur les marchés qui ont repris peu à peu, les tournées et les drives, ceux de la chambre d’agriculture à Tarbes et Ayzac-Ost, et le mini-drive que l’on a installé à Arrens-Marsous, nous ont permis d’écouler notre production de fromages pendant le confinement. D’autant que les saloirs étaient pleins car on produit pas mal en hiver et au printemps. Certains ont loué des Algeco® frigorifiques pour stocker leur production », explique Baptiste Cazaux, fromager à Arrens-Marsous. D’autres agriculteurs se sont regroupés pour proposer de la vente directe, bref, les producteurs ont trouvé des solutions pour vendre leurs fromages et autres produits fermiers.

« Une période intéressante »

En ce sens, Nicolas Casteyde, qualifie la période d’intéressante et de constructive. « On a su adapter notre système de circuit court. Il y a un engouement des particuliers à consommer des produits locaux ». Baptiste Cazaux confirme cette appétence et même si « certains clients ont retrouvé leurs habitudes d’avant confinement, on a quand même trouvé et gardé de nouveaux clients ».

Nicolas Casteyde estime qu’il faut encore réfléchir, dans le département, à « comment améliorer la mise en relation avec les producteurs et les particuliers d’une part, et aussi les producteurs et les restaurateurs d’autre part… Si les consommateurs locaux font travailler les producteurs locaux, ce sera déjà très bien ».
Baptiste Cazaux, situé, lui, en Val d’Azun, un haut lieu du tourisme pyrénéen, table aussi sur une fréquentation touristique importante cet été en montagne. « Les restaurants ont rouvert. Les refuges aussi nous commandent du fromage. Cela redémarre fort. Dès qu’il fait beau, il y a du monde avec des affluences dignes d’un mois d’août. Les gens ont envie de prendre l’air. Je suis très optimiste pour cet été et notamment sur le fait que les vacanciers consomment localement ».

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