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Carcassonne. Une vaste étude d’imprégnation à l’arsenic des enfants lancée à la rentrée

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La rentrée doit marquer le lancement d’une étude qui, entre vallée de l’Orbiel et Cévennes Gardoises, vise à comparer le niveau d’imprégnation d’enfants de 3 à 11 ans exposés à la pollution minière à ceux d’enfants de sites témoin. Le laboratoire HydroSciences de Montpellier, rattaché à l’université mais aussi au CNRS va initier en ce mois de septembre la quête des enfants qui seront suivis.

En juin 2019, la révélation de taux hors normes d’arsenic dans les urines de trois enfants scolarisés à Mas-Cabardès et Lastours faisait office de détonateur autour de la question de l’impact sanitaire et environnemental du passé minier de la vallée de l’Orbiel ; un retour au premier plan d’un sujet sensible, tardif écho des inondations majeures d’octobre 2018. Des crues à la suite desquelles, au cours de l’automne, les analyses indépendantes d’eaux et de sédiments menées par des scientifiques toulousains, Philippe Behra et Jérôme Viers (chimiste des milieux aquatiques et géochimiste) avaient déjà révélé d’effarantes concentrations.

Entre commissions locales d’information, commission de suivi de site, multiplication d’analyses menées par l’agence régionale de santé (ARS) Occitanie auprès des moins de 11 ans, présentation d’un plan d’action par l’Etat, annonces de travaux par le bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), la question continue depuis d’agiter la vallée. Et de mobiliser les associations de défense des riverains qui, le 1er juillet 2020, prenaient l’initiative d’une opération de dépistage, misant sur le labo ToxSeek, pour partir en quête de traces de 49 métaux lourds et autres toxiques dans les cheveux d’une centaine d’habitants de la vallée. C’est d’ici quelques semaines que les résultats globaux devraient être communiqués par Terres d’Orbiel, les Gratte Papiers et l’équipe du Cabardès du Secours Catholique. Une échéance qui coïncidera avec les débuts d’une autre étude, dont les maires de la vallée ont été informés au cours de ce mois d’août 2020.

C’est en effet en septembre que l’équipe « Pollutions minières environnement et santé » du laboratoire montpelliérain HydroSciences, une unité mixte de recherches (UMR) de l’université de Montpellier, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et du centre national de la recherche scientifique (CNRS) engagera une étude d’imprégnation en arsenic des enfants âgés de 3 à 11 ans. Une démarche menée en partenariat avec l’ARS Occitanie, avec deux territoires au cœur de la démarche : la vallée de l’Orbiel et les Cévennes gardoises. Deux sites dont le passé minier justifie évidemment qu’HydroSciences parte en quête de 150 enfants domiciliés dans des communes situées autour d’anciens sites miniers (Salsigne, Villanière, Lastours dans l’Aude, Saint-Laurent-le-Minier, Saint-Sébastien-D’Aigrefeuille et Croix-de-Pallières dans le Gard).

Analyses d’urine et étude des habitudes et de l’environnement

À l’œuvre, trois membres d’HydroSciences, qui, tout comme l’ARS, ont déjà sondé les maires des communes potentiellement concernées : Igor Pujalté, enseignant à la faculté de médecine, et chercheur sur les questions de santé environnementale (spécialiste en chimie analytique et bromatologie) ; le Dr Jacques Gardon, médecin épidémiologiste, spécialiste des questions d’exposition de populations à l’arsenic notamment à l’œuvre sur le programme ToxBol en Bolivie, enfin le Dr Moulis, interne en santé publique. Autant d’intervenants qui, une fois le « recrutement » des enfants achevés, procéderont aux prélèvements matinaux d’urine, suivis d’analyse pour doser les différentes formes d’arsenic (et potentiellement d’autres métaux en cas de détection), mais aussi à l’examen des modes de vie des enfants sélectionnés, de leurs activités à leur alimentation. Autant d’outils pour mieux lire les taux relevés, qui seront alors comparés aux résultats d’analyses consacrés à 150 autres enfants sélectionnés dans des sites dits témoins, au sein de communes proches mais non exposées à la pollution minière.

Une démarche qui permettra de quantifier (d’ici fin 2020, début 2021) la différence d’exposition de ces populations. Mais aussi, précise Dominique Mestre-Pujol, déléguée départementale adjointe de l’ARS dans l’Aude, d’apporter un éclairage sur la question si spécifique des enfants, pour lesquels la haute autorité de santé a décidé en mars 2020 d’instaurer un double seuil pour matérialiser une surexposition à l’arsenic. Le Dr Garnier, de la société de toxicologie clinique, pointait alors les limites de la littérature scientifique sur « l’élimination de l’arsenic chez les moins de 18 ans ». « On s’interroge encore beaucoup sur la question de l’imprégnation de l’arsenic chez les enfants, et l’impact de leur métabolisme sur les concentrations », soulignait hier Dominique Mestre-Pujol. Une interrogation que les associations de défense des riverains ont eux déjà choisi de dépasser. Gilles Marty, des Gratte Papiers, préférait lui souligner les craintes liées à la polyexposition, et aux inconnues liées à l’effet de cocktails mêlant arsenic, mercure, cadmium et autres métaux lourds hérités de décennies d’activité industrielle et minière : « On aurait évidemment préféré qu’ils ne se limitent pas à l’arsenic. »

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