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Aude : Claude Bertolotti passe la main à la présidence de la Mutualité sociale agricole Grand Sud

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Administrateur dans l’Aude depuis 1984, puis président audois en 1998 et enfin président de la fusion Aude/P.-O. depuis 2010, le départ de l’ancien viticulteur d’Aragon tourne une page de la Mutualité sociale agricole (MSA) des deux départements.

Il aurait dû passer la main en public, lors de l’assemblée générale statutaire qui devait se tenir au premier trimestre 2020. Mais l’épidémie de Covid en a décidé autrement. Et Claude Bertolotti n’aura pas le plaisir de s’exprimer une nouvelle fois devant ce « monde agricole » auquel son mandat de président de la MSA a confirmé son attachement. Le 2 septembre, les votes par correspondance des 287 délégués de la MSA Grand Sud (Aude/P.-O.) seront dépouillés, et les 29 administrateurs élus désigneront, le 4 septembre à Narbonne, le nouveau bureau d’où sera issue une présidente (lire encadré). Claude Bertolotti conservera un bureau dans les locaux carcassonnais de la « sécu agricole » dont il sera administrateur central jusqu’à la fin de l’année. Puis, le vigneron d’Aragon pourra se consacrer à la retraite, la chasse, la marche, la famille, les coups de main aux amis…

Le séisme de 1999

C’est en 1984, dans un monde agricole audois où les grands personnages s’appellent Antoine Verdalle ou Alban Pau, que Claude Bertolotti devient administrateur de la MSA départementale. Une époque, se souvient-il, « où chaque caisse est autonome et où l’action sociale est souvent différente d’un département à l’autre ». En 1998, il est élu président de la caisse de l’Aude, et un an après survient l’un des événements les plus marquants de tous ses mandats, les inondations de 1999. « Nous étions montés à Paris, à l’assemblée de la caisse centrale. Pendant que je plaidais la cause de l’Aude à la tribune, le directeur de l’époque, Renaud Pujol, distribuait l’Indépendant dans la salle pour montrer ce que le département avait subi ». Les deux hommes ramèneront 10 millions de francs pour le département, grâce à des dons de chaque caisse sur leurs fonds propres. « Ces inondations sont à l’origine de la création des enveloppes de prise en charge des cotisations », rappelle Claude Bertolotti.

Des événements, il y en aura d’autres : catastrophes naturelles, mais aussi bouleversements du monde agricole. « Le statut de conjoint collaborateur en 1999, la retraite complémentaire obligatoire en 2003, étendue aux conjoints en 2011, puis les indemnités journalières et aujourd’hui le 75 % du Smic pour les retraites et bientôt le 85 % », énumère le président, qui se souvient aussi des services créés à l’attention des agriculteurs, qu’il s’agisse des deux groupements d’employeur (spécifiques à l’Aude), du développement de Présence Verte (très utile durant la crise du Covid) ou encore de l’accompagnement numérique.

36 ans de mandat

Pendant toutes ces années, la « maison » elle-même a aussi beaucoup évolué : harmonisation des politiques sociales de toutes les MSA, puis fusion Aude/PO en 2010, et enfin mutualisation des services entre les 5 départements de l’ex Languedoc-Roussillon à partir de 2015. Depuis, l’Aude a en charge les cotisations et les PO la gestion des fichiers, et ce pour tout le territoire de l’ancienne région.

En 36 ans de mandat, dont 23 de présidence et 10 pour les deux départements, Claude Bertolotti a connu l’érosion de la démographie agricole, la chute importante du nombre d’employés de la MSA, la vente de l’immobilier mais aussi les investissements (à Narbonne, Perpignan ou encore Limoux) pour rester au plus près du monde agricole.

« Un monde qui reste une grande richesse pour les deux départements et sur lequel j’ai beaucoup appris », confie cet homme de 65 ans qui dit quand même regretter un peu le temps où la gestion de la MSA était moins technocratique.

Deux candidates pour lui succéder

Le 4 septembre prochain, à Narbonne, deux femmes se présenteront au vote pour la présidence de la MSA Grand Sud. Côté audois, il s’agira de Sophie Bonnery, céréalière et viticultrice à Montréal, près de Carcassonne. Côté P.-O., Céline Camgrand-Vila, productrice de légumes à Saint-Cyprien sous la marque « Les paysans de Rougeline ». « Deux femmes compétentes. Je fais confiance au CA pour choisir la meilleure », avance prudemment Claude Bertolotti. La nouvelle présidente prendra les rênes d’une MSA Grand Sud qui compte aujourd’hui quelque 350 salariés (CDI et CDD compris), et qui chapeaute 160 000 ressortissants (individuels et entreprises) dans les deux départements, dont près de 5 000 employeurs de main-d’œuvre.En 2019, la MSA a redistribué 525 millions d’euros d’aides et de prestations dans l’Aude et les P.-O. « Pour un euro cotisé, ce sont 2,4 euros qui sont redistribués grâce aux compensations de l’Etat », rappelle Claude Bertolotti.


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