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Ariège : l’ »ex » violent et le chauffard en prison

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Deux hommes ont été jugés, hier, par le tribunal correctionnel de Foix. Le premier a été condamné à une peine de prison mixte pour violences au sein du cercle familial, des dégradations et des outrages. Le second, délinquant routier multirécidiviste, a écopé de huit mois de détention ferme.

À peine arrivé dans le box des prévenus, Henri se fait rappeler à l’ordre par la présidente du tribunal correctionnel. « C’est moi que vous devez regarder, pas la salle », lance Pascale Duteil. Le quadragénaire est jugé en comparution immédiate pour des violences sur son ex-compagne et son fils aîné, présents hier après-midi, ainsi que pour des dégradations diverses et des outrages sur les trois gendarmes qui l’ont interpellé. Tout cela s’est passé aux Pujols, dans la soirée du 14 août.

« Il y a d’autres faits survenus en janvier, pour lesquels vous êtes sous contrôle judiciaire en attendant le procès prévu en octobre. Acceptez-vous d’être jugé pour ces deux dossiers en même temps ? », interroge ensuite la juge. « Non », répond Henri qui n’a « pas fini de préparer sa défense ». En revanche, pour l’affaire de la semaine dernière, il est d’accord.

Alors, la présidente détaille les violences que Laetitia, l’ex-compagne, et leur fils ont subies de la part d’Henri lorsque ce dernier a appris qu’elle comptait quitter le département pour retourner dans son Nord natal avec les enfants. Puis ce sont les insultes qui pleuvent sur les gendarmes pendant qu’ils escortent le quadragénaire vers le Chiva, puis vers le Chac.

« J’étais sous le coup de l’énervement. Je craignais de ne plus voir mes enfants. Mais je regrette mes propos car les gendarmes sont là pour faire leur travail et pas pour subir les insultes », explique Henri. Il « regrette » également les violences. En revanche, il conteste les dégradations : il n’a pas touché au véhicule de Laetita et le choc entre sa voiture et le portail de la maison est « un accident ».

Dénonçant « le manque de compassion envers les victimes » et l’égocentrisme du prévenu, le procureur Laurent Dumaine requiert 18 mois de détention, dont 6 mois avec sursis probatoire sur 2 ans comprenant diverses obligations et interdictions, dont celle d’entrer en contact avec Laetitia. L’avocate de la défense, Me Andrieu, plaide, elle, en faveur d’un placement sous surveillance électronique de cet homme « malheureux mais qui ne sait pas exprimer sa souffrance ».

Cela ne convainc pas le tribunal qui suit les réquisitions du procureur dans son jugement. Henri est donc maintenu en détention. « En clair, vous m’empêchez de voir mes enfants. Merci Madame, merci. »

Quand le président « retoque » le prévenu en créole

Quelques minutes plus tard, Alfred apparaît dans le box. Délinquant routier multirécidiviste, il a été pris par les gendarmes, et même poursuivi, deux fois en deux semaines, au guidon d’une moto de grosse cylindrée alors que les militaires savent qu’il n’a pas le permis, et donc pas d’assurance. « Dans mon pays, j’ai le permis mais ici, je n’ai pas pu le faire valider », explique ce Martiniquais de naissance. « La Martinique, c’est la France. Et pour le permis, ça marche pareil en Martinique et en métropole », lui répond, en créole, le président du tribunal, Fabrice Vétu. Lequel lance au prévenu qu’il attend désormais des actes. « Vous dites vouloir vous en sortir. Il va falloir le faire vraiment », assène le magistrat à un Alfred en pleurs à l’idée de « tout perdre ».

« Oui, vous allez tout perdre. Mais vous êtes le seul responsable », rétorque le procureur Laurent Dumaine en requérant un an de détention, avec mandat de dépôt à l’audience, et 800 € d’amendes pour les diverses infractions routières. Me Andrieu, pour la défense, ne peut que plaider la clémence du tribunal. « Il a commis des erreurs et il le sait. Mais il allait avoir un bracelet électronique pour aménager une peine précédente », rappelle-t-elle.

Pour Alfred, ce sera huit mois ferme, avec mandat de dépôt, et 200 € pour les contraventions. « Mais n’espérez pas trop pour l’aménagement de la peine précédente », prévient Fabrice Vétu à l’attention d’Alfred.


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