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Ariège : le différend entre voisins se termine à coups de couteau

Rarement, un simple conflit de voisinage ne se règle devant un tribunal correctionnel. Et pourtant, ce sont d’apparentes broutilles — des saletés jetées depuis l’appartement du dessus et des incivilités répétées — qui ont mené ces deux voisins, installés à Mirepoix, au tribunal judiciaire de Foix. L’un dans le box des prévenus, l’autre en qualité de victime.

En effet, après des semaines d’insultes réciproques et de tensions constantes, le conflit opposant un homme d’une cinquantaine d’années et sa voisine du dessus, a atteint son paroxysme. Ce soir de juillet 2019, après une altercation quelques heures plus tôt durant laquelle le cinquantenaire avait donné une gifle à sa voisine, la situation dégénère dans le petit immeuble où ils vivent. Le fils de la victime veut en découdre après l’agression subie par sa mère dans l’après-midi. Une bagarre éclate entre les deux hommes. La voisine décide d’intervenir « encore sous le choc » après le premier épisode de violence.

Deux coups de couteau dans la poitrine et la jambe

Elle se saisit alors d’un couteau, « une lame de 15 cm » commente son voisin qui affirme l’avoir vu mimer un geste pour « l’embrocher ». « Je n’ai pas réfléchi, s’explique-t-il devant le tribunal. J’ai fini d’ouvrir la porte de mon appartement où je m’apprêtais à rentrer et j’ai saisi un couteau de cuisine ». La suite des événements est plus floue. Les versions divergent. Une chose est sûre, la voisine est touchée. Au niveau de la poitrine et de la jambe. Mais sur le moment, personne ne prend immédiatement la mesure des choses. Pas même la principale intéressée qui se retire chez elle, comme son voisin, alors que son fils part en trombe prévenir les gendarmes.

Héliportée à Purpan, elle doit pourtant être opérée dans la foulée. La lame n’est pas passée loin de son artère coronaire. Trois mois d’hospitalisation lui ont été nécessaires pour se remettre, physiquement, de cette altercation. Son voisin, lui, est placé en détention provisoire à la maison d’arrêt. Il y est maintenu jusqu’à son jugement, faute de pouvoir trouver un nouveau logement.

« Je dois faire quoi avec une lame comme ça face à moi ? »

À la barre, le quinquagénaire est prolixe. Franc et honnête, il « assume » mais plaide la légitime défense. « Je dois faire quoi avec une lame comme ça face à moi? » Au cœur des débats, la légitime défense est rejetée en bloc par la partie civile, suivie par le ministère public qui pointe toutefois du doigt les incivilités répétées de la voisine et la « non-dangerosité » que représente le prévenu pour le reste de la société.

Pour la défense, Me Baby tempère : « la légitime défense, je ne la sens pas, je vois plutôt dans cela une infraction de blessures par imprudence ». « Il n’a jamais voulu l’agresser, c’est elle qui est sortie, la première, avec un couteau », a poursuivi l’avocat, demandant que son client soit remis en liberté après avoir passé « déjà trop de temps en prison ».

Au final, le tribunal a condamné l’homme à trois ans de prison dont un avec sursis. Il pourra bénéficier d’une semi-liberté pendant le restant de sa peine ferme mais ne devra pas se rendre à Mirepoix, ni rentrer en contact avec la victime.

Via LaDepeche

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