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Après le déconfinement, la vie sexuelle des Français a-t-elle repris de plus belle ?

Libérés du confinement, délivrés sexuellement ? Si les célibataires ont dû prendre leur mal en patience lors de cette période de restriction sexuelle, ils tendent plutôt à la prudence depuis le 11 mai, date du déconfinement en France. Exit donc le "Summer love" un temps envisagé et redouté en cette période de crainte d'une seconde vague de l'épidémie. C'est ce que prouve une étude Ifop pour le site Pornhub, réalisée du 9 au 12 juin 2020 auprès de 3.000 personnes âgées de 18 ans et plus.

"On disait qu'avec la disette sexuelle imposée pendant le confinement, on allait observer une boulimie de sexe, mais cette enquête montre que la tendance est plutôt à la prudence", explique François Kraus, directeur du pôle "Genre, sexualités et santé sexuelle" de l'Ifop.

Depuis le 11 mai, l'activité sexuelle des Français célibataires a repris, sans pour autant atteindre le niveau de la période "pré-confinement" : un tiers (33%) d'entre eux déclarent avoir eu un rapport sexuel durant le mois ayant suivi le confinement, une proportion en nette hausse par rapport à la fréquence de leurs relations intimes durant le confinement (13%) mais qui reste en deçà de celle observée avant le 17 mars (44%).

L'évolution de l'activité sexuelle depuis le confinement – Ifop

Comment l'expliquer ? "Toute nouvelle personne avec qui on va avoir des interactions sociales proches va susciter une crainte, explique François Kraus. Quand le contact physique devient charnel, cela provoque une appréhension encore plus forte qui peut se traduire par une stigmatisation de certaines personnes". Ainsi, 59% des célibataires interrogés refuseraient d'avoir un rapport avec une personne susceptible d'être exposée au virus (un personnel soignant, par exemple), et 58% préfèrent éviter une relation avec un individu qui a été infecté par le Covid-19.

La crainte du Covid-19, un frein à la rencontre et au sexe – Ifop

"Cette nouvelle discrimination rappelle ce que l'on observait à l'égard des premières victimes du VIH dans les années 80, observe François Kraus. À l’époque, certaines personnes refusaient de leur serrer la main, de les toucher ou même de s'approcher d'eux. Le principal résultat de cette étude, c'est la tendance au 'safe sex' (ou sexe en toute sécurité, ndlr)".

L'essentiel de l'activité sexuelle "post-confinement" se concentre donc entre célibataires qui se connaissaient déjà. 25% ont eu un rapport sexuel avec une personne avec laquelle ils avaient déjà eu des rapports intimes, contre seulement 5 à 6% avec quelqu'un rencontré après le 11 mai. La faute également à un contexte particulier qui prive les Français de boîtes de nuit et, plus généralement, de lieux propices aux rencontres "ponctuelles".

La recherche d'une relation stable

Les Français expriment avant tout un besoin de stabilité sexuelle et affective : 90% d'entre eux préfèrent chercher un seul partenaire plutôt que de "multiplier les partenaires sexuels pour rattraper le temps perdu" (10%). "C'est une tendance générale : les célibataires, même sur les sites de rencontres, déclarent souvent qu'ils sont à la recherche d'une relation stable, précise François Kraus. Ce qui est intéressant, c'est que cette tendance est également observée chez les jeunes".

La majorité des personnes interrogées évoquent un besoin de stabilité – Ifop

"Un impact du confinement", estime François Kraus, évoquant "un manque affectif" plutôt qu'un "manque de sexe au sens strict". "Un célibataire est potentiellement habitué au manque de sexe, mais le confinement a suscité des angoisses chez les Français. Il est plus compliqué de vivre un moment difficile quand on est seul. Les Français ont besoin d'affection pour affronter ce genre de crise. Pour beaucoup de célibataires, s'il y avait un nouveau confinement, l'idéal serait de le vivre à deux".

Via LaDepeche

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