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Airbus dévoile aujourd’hui le plan de restructuration pour Toulouse

C’est aujourd’hui qu’Airbus va détailler son plan de suppressions de 15 000 postes annoncé mardi soir (notre édition d’hier). Les syndicats participent ce matin à un comité de groupe France qui chiffrera site par site le poids de la restructuration. En France, 5 000 postes sont menacés avec une majorité à Toulouse compte tenu du poids de la Ville rose dans le système Airbus.

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Le détail du plan doit aussi chiffrer les postes supprimés par fonctions. Selon nos informations, 66 % des 5 000 suppressions concerneraient des cadres dits "cols blancs" alors qu’un tiers des personnes impactées seraient des "cols bleus" c’est-à-dire les compagnons dans les usines. Concrètement, des économies de structure sur les fonctions support du siège mondial sont à redouter.

2 000 emplois peuvent être "sauvés"

L’avionneur européen emploie environ 25 000 salariés dans la métropole toulousaine dont 14 000 pour la filiale Operations c’est-à-dire les usines de l’A320, A330, A350 et A380 ainsi que le site de Saint-Eloi, auxquels s’ajoutent près de 9 000 personnes du siège mondial à Blagnac.

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Alors que dès mardi soir, Bruno Le Maire avait jugé ce plan "excessif", hier, le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari a estimé que les dispositifs d’aide de l’Etat devraient permettre de "sauver" 2 000 emplois, sur les 5 000 postes visés. "On a fait les calculs cette nuit. Si vous mettez en place l’activité partielle longue durée, c’est 1 500 emplois qui seraient sauvés en France" a chiffré le secrétaire d’Etat. Le soutien à la R & D par des crédits exceptionnels permettrait de préserver 500 emplois supplémentaires essentiellement au sein de la population d’ingénieurs. Par ailleurs, l’exécutif étudie la possibilité de créer des mesures d’âge pour faciliter les départs anticipés à la retraite.

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Airbus compte en effet sur les quatre mois de négociations qui s’ouvrent pour trouver un accord sur des départs en retraite anticipée, des départs volontaires mais aussi sur la conclusion avec les syndicats d’accords de modération salariale pour limiter les licenciements.

Deux départs, une embauche

Pour Françoise Vallin, coordinatrice de la CFE CGC pour Airbus, "les semaines à venir vont être compliquées car on parle de départs non volontaires. C’est une grosse bataille qui commence pour sauver l’emploi" a-t-elle prévenu. Dans les négociations, les syndicats entendent continuer à défendre l’emploi des jeunes en demandant que deux départs déclenchent une embauche pour assurer la transmission des compétences et savoir-faire.

Les réactions politiques ont succédé aux prises de position des syndicats (lire encadré). Le plan est "inacceptable en l’état", a jugé la présidente LR de la région des Pays de la Loire Christelle Morançais. L’élue a dénoncé "un coup de massue" pour la région, qui est le deuxième bassin d’emplois du groupe après Toulouse, avec 6 500 salariés.

Les syndicats haussent le ton

C’est un front uni qu’affichent depuis hier les syndicats de salariés chez Airbus. Les organisations CFE-CGC, FO, CFTC et CFDT s’opposent toutes au plan de licenciement. Pour elles, il s’agit de la ligne rouge à ne pas franchir: les départs contraints. "Nous sommes en droit d’exiger qu’il n’y ait pas de licenciement sec" a prévenu Jean-François Knepper, délégué syndical central Force Ouvrière chez Airbus. La centrale syndicale va peser de tout son poids (44% de représentativité et 10000 adhérents chez Airbus Aviation commerciale) avec les autres syndicats pour éviter tout licenciement. Dominique Delbouis, coordinateur FO Airbus a dit "refuser la casse sociale" et chiffre le plan à 90000 emplois menacés au total en prenant en compte l’impact sur les sous-traitants. "Pour FO, c’est inacceptable" prévient un tract du syndicat diffusé hier sur les sites Airbus. Pour la CFE CGC, premier syndicat chez les cadres, avec "la perte d’emploi, la direction prend le pari dangereux et irréversible ne pas pouvoir répondre au besoin quand la situation de marché se rétablira. Car elle se rétablira".

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