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À Saint-Orens, les salariés sacrifiés du groupe Alinéa

"Nous avons appris la nouvelle, hier, on se l'est prise de plein fouet, alors que la procédure légale n'a même pas été respectée…" Au magasin d'ameublement Alinéa de Saint-Orens, l'annonce de la fermeture de 23 des 30 établissements de la marque en France a fait l'effet d'une bombe. "Nous savions qu'il y avait des grosses difficultés, puisque le groupe était en redressement judiciaire après la crise sanitaire, mais nous ne nous attendions pas à ça, explique un salarié en colère. Surtout on s'interroge sur la stratégie. On nous expliquait avant qu'il fallait privilégier la proximité et seules les sept plus grandes enseignes sont conservées."

Alexis Mulliez, le patron, dont la famille possède notamment l'enseigne Auchan est, de fait, lancé dans une opération permise par les mesures gouvernementales d'urgence prises dans le cadre de la crise économique. Depuis le 20 mai, un entrepreneur peut lui-même racheter son entreprise en faillite en effaçant ses dettes. " Il rachète les 7 plus gros magasins sur les 30, mais sans respecter les procédures, souffle un autre employé. Normalement, il aurait dû informer d'abord le comité social et économique (CSE) de l'entreprise et les organisations syndicales. Là, nous sommes dans la situation d'un délit d'entrave".

"Qu'il respecte la loi et qu'il nous respecte"

Pour l'heure, ce sont une cinquantaine d'emplois qui sont menacés à Saint-Orens, avec une fermeture programmée au 27 juillet. Date à laquelle le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer sur une reprise…des locaux. " On nous dit que l'enseigne Grand Frais est intéressée par les 6 000 m2 du bâtiment, croit savoir un salarié. Normalement il doit y avoir des propositions qui favorisent l'emploi avec une reprise également des employés, mais notre métier n'a rien à voir avec celui du repreneur potentiel." Pour l'heure, un comité central d'entreprise doit se tenir cet après-midi pour acter le plan d'Alexis Mulliez, dans lequel l'établissement de Blagnac est, lui, préservé. "On veut au moins qu'il respecte la loi et qu'il nous respecte", s'indigne le personnel de Saint-Orens. Sans grande illusion sur l'avenir.
Pour la direction du groupe Alinéa que nous avons joint, « Il est encore beaucoup trop tôt, à ce stade de la procédure de placement sous protection du tribunal de commerce, pour évoquer la situation" du magasin de Saint-Orens. "Nous démentons l’information sur la fermeture de ce site", explique le service communication en précisant, qu'à ce jour, 6 offres de reprise ont été déposées, dont une provenant de l’entreprise Alinéa, elle-même, pour conserver la marque, portée par l'actionnariat actuel et Alexis Mulliez. Les 5 autres propositions, extérieures au groupe, portent sur 5 magasins sur 30, sans reprise de l’entreprise Alinéa. "La procédure se poursuit, dans le respect du processus d’information et consultation des instances représentatives du personnel, précise le groupe Alinéa. Nous espérons une décision du tribunal dans les prochaines semaines. L’objectif est la poursuite des activités de la marque Alinéa et le retour à l’emploi des salariés non repris. »Pas sûr que ce discours apaise l’inquiétude des 50 salariés de Saint-Orens.

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