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Un expert prône la coexistence intégrative, comme clef de la fin de la souffrance de l’humanité

Dans une période où se mêlent la crise sanitaire du Covid-19 qui a secoué le monde entier, et les manifestations qui ont éclaté aux États-Unis après la mort d’un Afro-américain, George Floyd, Dr. Jaouad Mabrouki, psychiatre et expert en psychanalyse de la société marocaine et arabe, sort avec une analyse sur la coexistence intégrative qu’il estime comme un “concept récent totalement différent de la coexistence tout court”.

Dans son article, Dr. Mabrouki avance que la coexistence que réclament certains mouvements intellectuels ou religieux n’est pas différente de la tolérance. La réalisation de cette dernière, qu’il qualifie de coexistence partielle, est malheureusement en échec au niveau national et mondial.

“L’échec étant dû à son caractère partiel et hypocrite, malgré des efforts qui évoluent depuis des centaines d’années. Or c’est peut-être la raison pour laquelle la coexistence religieuse n’arrive pas à voir le jour” écrit le psychanalyste.

Il se demande ainsi “comment un chrétien qui ne croit pas à l’islam, un juif qui ne croit ni au christianisme ni à l’islam, comment un baha’i dont la religion n’est pas reconnue, peuvent coexister avec tous ces préjugés ? Comment un rifain qui se croit différent des arabes, un sahraoui qui se sent méprisé pour sa couleur, un fassi qui se voit supérieur aux autres, un bédouin qui est méprisé par les citadins, peuvent coexister avec tous ces préjugés ?”.

Tout cela amène Dr. Mabrouki à qualifier de jeux de rôles de la tolérance toutes les réunions œcuméniques des religions et des cultures car il estime que chacun des acteurs est conscient de ses propres jugements et de ceux des autres. Une forme « d’hypocrisie moderne et civilisée« , estime-t-il.

La tolérance fait appel à l’intellect

La tolérance ou coexistence partielle est totalement différente de la coexistence intégrative, selon Dr. Mabrouki qui souligne que la tolérance est une forme de respect, une sorte de traité de paix sans aucune notion d’amour et d’appartenance collective à un seul et unique groupe, que ce soit à l’échelle locale, nationale ou mondiale.

“Nous pouvons considérer la tolérance comme une forme de la coexistence partielle faisant appel à l’intellect et à la raison. Dans la tolérance ou la coexistence partielle nous gardons nos préjugés vis-à-vis de ceux qui sont différents de nous, mais nous nous efforçons de ne pas les révéler et d’exprimer du respect à l’autre. Bien sûr cette opération en elle-même est déjà complexe et difficile à réaliser” explique Dr. Mabrouki.

L’exemple type de la tolérance ou coexistence partielle, pour cet expert, c’est celui de “la voie publique que nous acceptons de partager et où en principe nous tolérons tout le monde, même les animaux, estimons ainsi que “nous pratiquons donc la tolérance par nécessité, en revanche à la moindre friction, les disputes et la violence se déclenchent et cela peut même aboutir parfois à des meurtres”.

Appel aux valeurs spirituelles universelles

La coexistence intégrative fait appel à toutes les formes de la spiritualité universelle, estime Dr. Mabrouki qui poursuit dans son analyse qu’elles est “ le vécu et le partage sincère de toutes nos richesses religieuses, culturelles, intellectuelles, industrielles, matérielles, humaines, scientifiques, affectives, culinaires, littéraires, philosophiques, artistiques, éducatives et traditionnelles. Enfin, tout appartient à nous tous et nous le partageons sans aucun préjugé et avec un énorme détachement”.

Cela dit, l’expert en psychanalyse indique que cette opération est beaucoup plus complexe et nécessite un effort personnel et collectif à la fois psychique et spirituel en essayant d’apprendre à « être » dans la systémie sociale.

L’exemple type de l’apprentissage de cette coexistence intégrative est la famille, fait-il savoir soulevant que malgré la diversité de ses membres, la famille appartient à chacun d’eux ainsi que tous les espaces du foyer. Ce type de coexistence intégrative familiale systémique est obtenu après un apprentissage collectif et individuel en s’efforçant d’entretenir l’unité dans la diversité, estime Dr. Mabrouki.

Ainsi, Dr. Mabrouki avance en guise de fin que vouloir réaliser seulement la coexistence religieuse, est “une aventure vouée à l’échec car cette coexistence est partielle et fragmentaire d’autant plus qu’il existe plus de 2300 groupes selon l’Encyclopedia of American Religions, 9e édition parue à la fin de l’année 2016”.

C’est la raison pour laquelle il conclut que nous devons “intégrer la coexistence religieuse dans une coexistence intégrative systémique, et c’est la seule option qui nous permettrait l’unité dans la diversité, la prospérité et la paix sociale”.

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