MarocPOLITIQUE

PremiÚre réponse à la campagne #Dégage_Akhannouch

La Campagne

Jeudi dernier 14 juillet, les prix du pĂ©trole ont baissĂ© aux niveau d’avant la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Cela a poussĂ© plusieurs acteurs politiques et de la sociĂ©tĂ© civile Ă  se liguer et Ă  lancer une campagne sur les rĂ©seaux sociaux.

Leur principale demande : Que le gouvernement fixe les tarifs nationaux Ă  7 dirhams pour le gasoil et Ă  8 pour l’essence, et ils ont appelĂ© au dĂ©part du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.

Le hashtag #DĂ©gage_Akhannouch est rapidement devenu viral sur les rĂ©seaux sociaux. À l’heure oĂč nous Ă©crivons ses lignes, le hashtag est en top tendance au Maroc, avec prĂšs de 28,8k tweets. Il a Ă©tĂ© partagĂ© par prĂšs de 800.000 personnes en seulement un jour. Tandis que les utilisateurs qui demandent une baisse du prix des carburants atteint plus de 935.000 personnes et prĂšs de 31,7k tweets.

Les internautes marocains s’en donnent Ă  coeur joie, et critiquent les choix du Chef du gouvernement qui empĂȘchent la baisse des prix du carburant, surtout que l’entreprise pĂ©troliĂšre d’Akhannouch dĂ©tient une part importante du marchĂ© marocain.

La Réponse « Officielle »

Le Chef du gouvernement, M. Aziz Akhannouch, et sa politique visant Ă  stabiliser le pouvoir d’achat des Marocains en pĂ©riode de crise des prix font l’objet d’une campagne dans les rĂ©seaux sociaux. Voici dix points clĂ©s pour comprendre cette campagne tendancieuse :
1. La campagne numĂ©rique n’est pas le fait d’un mouvement populaire, elle est alimentĂ©e notamment par plus de 500 faux comptes crĂ©Ă©s instantanĂ©ment par des milieux malveillants inconnus pour l’heure pour mener campagne contre le Chef du gouvernement.

2. La baisse du prix du pĂ©trole Ă  la pompe ne peut ĂȘtre instantanĂ©e, il faut que le stock achetĂ© Ă  un prix supĂ©rieur soit Ă©coulĂ©. En plus il faut faire la diffĂ©rence entre le prix du baril brut et le prix du pĂ©trole raffinĂ©. Par ailleurs les prix des hydrocarbures au Maroc sont libres.

3. Soixante pour cent du prix de l’essence Ă  la pompe est constituĂ© de fiscalitĂ© (TVA+TIC). Cette fiscalitĂ© alimente la Caisse de compensation qui rĂ©gule Ă  la baisse les prix du Gaz butane, du sucre et des cĂ©rĂ©ales. Toute modification de cette fiscalitĂ© impactera Ă  la hausse le prix de ces produits et aura un impact direct sur le pouvoir d’achat des Marocains.

4. Sur le marchĂ© des hydrocarbures, la compagnie Afriquia, qui est directement assimilĂ©e au Chef de gouvernement, pĂšse Ă  peine 20% du marchĂ©. Le reste est partagĂ© par Total, Shell, des compagnies Ă©trangĂšres et d’autres compagnies.

5. Faire croire que toute hausse du pĂ©trole va directement dans les poches des opĂ©rateurs du secteur des hydrocarbures est un mensonge. Ce stratagĂšme tendancieux est utilisĂ© par les opposants politiques du Chef du gouvernement pour l’attaquer personnellement.

6. Les marges des compagnies d’hydrocarbures sont connues. Elles sont prĂ©cisĂ©ment identifiables dans le bilan de ces compagnies. Selon le ministĂšre de l’Economie et des Finances si des profits trĂšs importants ou des marges exagĂ©rĂ©es, sont enregistrĂ©s Ă  la faveur de cette augmentation internationale des prix, la surfiscalitĂ© jouera son rĂŽle. L’IS pour ces compagnies peut augmenter exceptionnellement par la loi jusqu’à 45% ou 50% par souci de solidaritĂ© nationale.

7. La personnalisation de la campagne en mettant le Chef du gouvernement au cƓur de la cible vise autre chose que la dĂ©fense du pouvoir d’achat des citoyens. C’est une convergence entre des milieux activistes clandestins et une opposition qui n’accepte pas, Ă  ce jour, sa dĂ©faite Ă©lectorale rĂ©guliĂšre.

8. L’attaque ad-hominem contre le chef du gouvernement dans les rĂ©seaux sociaux est le niveau le plus bas auquel l’éthique de l’action politique est tombĂ©e dans notre pays. La manipulation de simples citoyens dans ce sens est abjecte.

9. La volontĂ© est manifeste de vouloir rĂ©Ă©diter la campagne de Boycott — dont l’autopsie avait Ă©tĂ© bien faite — qui a touchĂ© trois marques d’opĂ©rateurs Ă©conomiques en avril 2018 pour des produits comme l’eau minĂ©rale, le lait et l’essence. Sous couvert de dĂ©fense du pouvoir d’achat des citoyens c’est, aujourd’hui, Ă  une grave tentative de dĂ©stabilisation du gouvernement que l’on a affaire et dont les consĂ©quences sur la stabilitĂ© du pays ne sont pas mesurĂ©es.

10. Dans un premier temps on peut abuser par le truchement des rĂ©seaux sociaux les Marocains qui souffrent de la chertĂ© de la vie et surtout ceux qui sont les moins outillĂ©s pour se dĂ©fendre contre les fake-news, mais la vĂ©ritĂ© finit toujours par s’imposer. En dĂ©mocratie, on peut lĂ©gitimement critiquer la gouvernance d’une crise par un gouvernement mais cela ne peut se faire que par les moyens que donne la dĂ©mocratie, et non pas par la diffusion d’une maniĂšre irresponsable de la haine, de la violence, de la diffamation et du mĂ©pris de l’opinion publique.

Via MAP

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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