Économie

La commercialisation des produits agricoles, un défi de taille pour la durabilité de l’agriculture

La commercialisation des produits agricoles constitue un élément important dans la chaîne de production et un défi de taille pour la durabilité de l’agriculture et son développement, a indiqué, mardi à Rabat, le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

M. Baitas, qui a remplacé le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts Mohammed Sadiki, lors d’une session plénière à la Chambre des Représentants, consacrée à l’examen du rapport de la Mission exploratoire temporaire chargée de s’enquérir de la distribution et de la commercialisation des produits agricoles, a mis en avant les efforts déployés pour améliorer la commercialisation de ces produits sur le marché national.

Il a, parallèlement, soulevé l’existence “d’obstacles structurels qui ont entravé la réalisation des objectifs escomptés, principalement liés aux problèmes de gestion, au cadre juridique et institutionnel, à la dégradation des infrastructures et à leur non-conformité aux normes d’hygiène et de qualité, ainsi qu’à la multiplicité des intervenants”.

L’évaluation du “Plan Maroc Vert” a abouti à la nécessité d’œuvrer en faveur de la modernisation et du développement des canaux de commercialisation, d’après le ministre qui a assuré que la stratégie “Génération Green 2020-2030” vise à valoriser les produits agricoles et améliorer leur qualité à travers l’établissement de canaux de commercialisation modernes et efficaces.

En outre, il s’est félicité dudit rapport pour son examen des différentes facettes liées au sujet, ainsi que la méthodologie de travail des membres de la mission exploratoire temporaire qui a permis d’entendre tous les intervenants dans les chaînes de valeur, d’évaluer les réalisations et de formuler des observations de manière objective.

En réaction aux informations contenues dans le rapport concernant les marchés de gros de fruits et légumes, le ministre a indiqué qu’un ambitieux plan de réforme a été élaboré en harmonie avec le plan national mis en place par le gouvernement pour réformer ces marchés.

Cette initiative, a-t-il expliqué, repose sur une couverture équilibrée du territoire national et vise à réduire le nombre de marchés de 38 à 34, dont 25 marchés à caractère de consommation, deux marchés de production et sept marchés mixtes et ce, dans l’objectif de fournir un meilleur service aux citoyens et de faciliter l’accès aux producteurs.

Le ministre a également précisé qu’à l’horizon 2030, 12 nouveaux marchés de gros régionaux de fruits et légumes seront construits, faisant état de la programmation, jusqu’à présent à Rabat, Meknès, Berkane, Agadir et Marrakech, de cinq marchés qui se caractériseront par leur conformité aux normes de sécurité sanitaire et suivront le circuit des produits agricoles, avec une prévision de l’achèvement de leur création en 2025.

Concernant le cadre juridique, le ministre a mis l’accent sur la publication de la loi n°37-21 édictant des mesures spéciales relatives à la commercialisation directe des fruits et légumes dans le cadre de l’agrégation agricole, ainsi que sur l’élaboration, par le ministère de l’Intérieur en coordination avec les départements ministériels concernés, d’un projet de décision visant à réglementer les marchés de gros des produits agricoles de nouvelle génération.

Par ailleurs, M. Baitas a rappelé les objectifs de la stratégie “Génération Green” à l’horizon 2023, en particulier en ce qui concerne les marchés de gros de fruits et légumes. Il s’agit notamment de la réduction du nombre d’intermédiaires et de l’augmentation du volume de fruits et légumes passant par les marchés de gros, de 3,5 millions de tonnes (MT) actuellement à plus de 6 MT.

Quant à la mise à niveau des souks hebdomadaires, le ministre a indiqué qu’il est prévu de créer des souks de nouvelle génération, dotés d’installations organisées et liées à tous les équipements nécessaires pour améliorer les services fournis et garantir la sécurité des produits exposés.

Et de soutenir que jusqu’à présent, il a été procédé à la programmation de 25 souks hebdomadaires et 9 marchés à bestiaux au niveau des régions et provinces du Royaume, dans la perspective de mettre à niveau et de construire 100 souks hebdomadaires d’ici 2030.

De même, le ministre s’est arrêté sur les lacunes et les déséquilibres auxquels sont confrontés les souks hebdomadaires, tels que la vétusté des infrastructures et le manque de ressources humaines qualifiées pour la gestion, ce qui nécessite l’intervention de toutes les parties, y compris les ministères concernés et les partenaires régionaux et locaux.

S’agissant du chantier de la modernisation des abattoirs, il a évoqué plusieurs problématiques entravant la véritable intégration des différentes composantes de la filière des viandes rouges, notamment la faiblesse des infrastructures et des équipements, l’absence de conditions d’hygiène et la présence d’une gestion inappropriée.

Le ministre a, dans ce sens, noté qu’il a été procédé à la programmation de la mise à niveau et de la construction de 120 abattoirs modernes, agréés par l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), au niveau national d’ici 2030, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales.

De leur côté, plusieurs députés, tant de la majorité que de l’opposition, ont affirmé que le volet légal demeure la dimension principale pour résoudre les problèmes et les déséquilibres que connaît le réseau de commercialisation et de distribution des produits agricoles.

À cet égard, ils ont appelé à l’élaboration d’une nouvelle loi imposant l’entrée de tous les produits agricoles sur les marchés de gros, régulant la surveillance du circuit de commercialisation et de distribution de ces produits, et limitant l’intervention des intermédiaires dans les phases de la commercialisation.

Dans le cadre de leurs discussions du rapport, les députés ont relevé que les infrastructures actuelles (marchés de gros, marchés provençaux, souks hebdomadaires, structures de stockage et de réfrigération, ainsi que les véhicules de transport de marchandises), qui abritent l’opération de commercialisation et de distribution des produits agricoles, “ne sont pas à la hauteur des exigences et ne sont pas modernes”.

Ils ont insisté sur la “nécessité de mettre en œuvre les recommandations du rapport de la mission d’exploration et d’en faire la base pour résoudre les problématiques liées à ce sujet, en particulier en ce qui concerne la lutte contre la spéculation et la manipulation des prix”.

Les députés ont également abordé la multiplicité des facteurs contribuant à l’augmentation des prix des produits agricoles, dont l’impact du circuit de commercialisation sur les crises conjoncturelles que traverse le pays, la hausse du coût des intrants agricoles, la multiplicité des intervenants et l’existence de la spéculation non régulée et non surveillée.

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