ECONOMIE

Le Centre d’interprétation du patrimoine Perdicaris, un lieu chargé d’histoire au cœur d’un parc naturel

Sur une colline surplombant le Détroit de Gibraltar, là où la mer Méditerranée rencontre l’océan Atlantique, le Château Perdicaris se dresse majestueusement au milieu de la forêt de Rmilat, racontant l’histoire de Tanger et la richesse biologique du Nord du Maroc.

L’architecture de cette demeure se caractérise par l’adoption d’un style composite alliant l’anglo-saxon Queen Anne, le style classique et la forme des châteaux de l’Europe médiévale.

Le Château Perdicaris, construit par l’Américain d’origine grecque, Ion Perdicaris en 1878, à 6 kilomètres de Tanger, au milieu de la forêt de Rmilat, pour soigner au grand air sa femme atteinte de tuberculose, a été transformé en un musée qui expose l’histoire de ce personnage et la biodiversité de cette région.

Dans une déclaration à M24, la chaîne d’information en continu de la MAP, le conservateur régional du patrimoine de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Hamza El Ouassini, a souligné que le Château Perdicaris, qui a ouvert ses portes au public la semaine dernière, parallèlement aux festivités célébrant le mois du Patrimoine, a été construit au cours de la seconde moitié du 19è siècle, notant qu’il constituait un espace d’accueil pour de nombreux diplomates en visite à Tanger.

Au rez-de-chaussée est exposée l’histoire du personnage d’Ion Perdicaris et de sa résidence, ainsi que le contexte historique général du Tanger international, diplomatique et multiculturel à travers une exposition d’objets du quotidien, de cartes et de photographies.

Percidaris a construit son Château en s’inspirant des lignes européennes, et lui a conféré une décoration intérieure représentative de sa culture d’origine et de son époque, à travers des meubles en bois sombre, des murs couverts à mi-hauteur de bois et leur haut de tapisseries fleuries, et garnis de tableaux. Au sol, généralement du bois, mais souvent couvert de nombreux tapis.

Certains éléments d’origine de ce Château, laissé à l’abandon depuis plusieurs décennies, ont été sauvegardés et restaurés, et peuvent être admirés encore aujourd’hui, et d’autres non originaux mais authentiques ont été intégrés comme éléments de décoration et en guise d’une reconstitution de l’ambiance intérieure que pouvait avoir cette demeure à l’époque.

Cette demeure et son occupant, Ion Perdicaris, ont incontestablement fait partie de l’histoire de Tanger internationale.

Cet espace, qui raconte l’histoire d’un homme amoureux ayant construit un Château au milieu de la forêt de Rmilat, connue pour son air pur et son climat frais tout au long de l’année, pour soigner sa femme atteinte de tuberculose, servait également de lieu de rencontre pour les diplomates et les espions. D’ailleurs, Perdicaris lui-même a été kidnappé par les hommes de Raissouni.

Le directeur régional de la Culture, Kamal Ben Laymoun, a affirmé que le Château Perdicaris est considéré comme l’un des joyaux de l’histoire et de la mémoire diplomatique et culturelle de Tanger, notant que les travaux de réhabilitation et de restauration de ce monument historique s’inscrivent dans le cadre des projets patrimoniaux de l’axe culturel du Programme Tanger-Métropole, lancé par SM le Roi Mohammed VI.

Ce projet, a-t-il poursuivi, a nécessité une enveloppe de 20 millions de dirhams, dans le cadre d’une convention de partenariat entre le département de la Culture et le département des Eaux et forêts, sous la supervision de la Wilaya de la région, notant qu’il devrait contribuer à la diversification des circuits touristiques et culturels et à faire de ce site un espace d’animation culturelle tout au long de l’année.

Dans ce cadre, M. El Ouassini a souligné que les travaux de restauration de cet édifice, achevés en 2016, ont été suivis par des travaux de scénographie et de préparation de l’exposition muséale qui ont pris fin en 2019, relevant que l’inauguration du Centre d’interprétation du patrimoine Perdicaris a été retardée, à cause de la pandémie de la Covid-19.

Il a assuré que ce Centre enrichira l’offre muséale à Tanger, d’autant plus que l’architecture de ce Château est unique en son genre au Maroc, puisqu’elle se caractérise par l’adoption d’un style architectural composite alliant l’anglo-saxon Queen Anne, le style classique et le médiéval.

A l’étage, l’exposition traite de la diversité et de la richesse biologique de la forêt Rmilat à travers une exposition picturale pédagogique illustrant quelques espèces de la faune et de la flore de la région, ainsi que certaines espèces de la faune et de la flore à la forêt de Rmilat, considérée comme site d’intérêt biologique et écologique (SIBE) et aménagée en parc naturel urbain.

Pour le directeur provincial du département des Eaux et forêts à Tanger-Assilah, Halim Akaaboune, ce Centre représente une institution muséale qui vise à mettre la lumière sur le patrimoine naturel et culturel de Tanger, et à mettre en valeur le Parc Perdicaris et la diversité biologique de Tanger, de la région et des autres réserves naturelles au Maroc.

Le Centre présente des échantillons de troncs d’arbres, des photos d’oiseaux migrateurs traversant le Détroit de Gibraltar, des informations sur les parcs nationaux, dont le parc Perdicaris, et un inventaire de la faune et de la flore dans le Nord du Maroc.

Dans cet espace exceptionnel, les visiteurs peuvent prendre connaissance du mode de vie de Tanger à l’époque internationale au cours des XIXe et XXe siècles, mais aussi découvrir le charme de la ville du Détroit.

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