Économie

Afrique : nécessité d’intégrer la formation numérique dans le développement des compétences

Le Responsable de l’Afrique Macro à Oxford Economics Africa, Jacques Nel, a mis en exergue, lundi, la nécessité d’intégrer la formation et l’alphabétisation numériques dans le développement des compétences en Afrique.

S’exprimant lors d’un webinaire organisé conjointement par le Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) et Oxford Economics Africa, sous le thème « Réduire le déficit de compétences en Afrique », M. Nel a souligné que l’amélioration du capital humain sur le continent africain passe notamment par l’attribution d’une dimension numérique à ce capital.

En outre, afin de s’assurer que l’Afrique bénéficie d’un paysage numérique plus sophistiqué et interconnecté, les gouvernements africains devront dans un premier temps mettre en place les structures et les canaux d’éducation et de formation afin de garantir que la capacité d’acquérir diverses compétences soit généralisée, et dans un second temps, s’assurer que les politiques et les infrastructures permettent le développement des secteurs économiques de l’avenir, a-t-il noté.

“Dans un contexte mondial en pleine mutation et à mesure que la 4ème révolution industrielle s’impose et se répand dans le monde, tous les pays devront s’adapter à une nouvelle réalité économique. Cette nouvelle réalité se traduira par des changements fondamentaux des structures économiques et par l’émergence de nouveaux secteurs économiques au détriment de certains secteurs traditionnels”, a-t-il dit.

Par ailleurs, il a indiqué que le nombre moyen d’années de scolarité est “plus faible” en Afrique que dans le reste du monde, ajoutant que la structure d’une économie a une incidence directe sur le profil d’emploi de cette même économie et, par conséquent, sur la demande actuelle de compétences.

La demande de compétences spécifiques est à la fois un produit de la taille du secteur nécessitant ces compétences et un facteur déterminant de la taille de ce secteur, a-t-il poursuivi, soulignant que l’incapacité à trouver les compétences nécessaires au développement d’un secteur entrave son développement.

Afin de remédier à ce déficit de compétence, M. Nel, a préconisé que la clarté des compétences requises obéisse à une stratégie bien définie et une collaboration plus étroite entre le gouvernement, les organismes industriels et les institutions chargées de formuler et de mettre en œuvre les programmes d’enseignement.

Pour s’y faire, cela nécessite d’investir dans l’éducation et la formation, tout en fournissant l’infrastructure et le cadre politique nécessaires au développement des secteurs d’avenir, a-t-il ajouté.

Pour sa part, Rachâa Bedjaoui Chaouche, cheffe du projet Skills for trade and economics diversification (STED-AMT), au sein de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), a fait remarquer dans une étude intitulée “Partage de l’expérience de l’OIT/ Projet STED-AMT, compétences pour le commerce et la diversification économique : alignement des compétences sur les stratégies de développement sectorielles en Algérie, Maroc et Tunisie”, que l’inadéquation des compétences est “un défi croissant” sur les marchés du travail d’aujourd’hui.

Selon elle, 69% des employeurs dans le monde, n’ont pas pu trouver de personnes possédant le bon ensemble de compétences en 2021.

Et d’ajouter que l’approche sectorielle facilite l’évaluation des besoins en compétences, dans la mesure où elle permet de mieux comprendre les principaux moteurs du changement dans la demande de compétences, de limiter le nombre des intervenants, ce qui facilite les interactions entre les différentes parties prenantes, et enfin de relier les stratégies sectorielles pour une meilleure coordination entre les différents besoins et secteurs.

Cette approche sectorielle devra être institutionnalisée par la suite afin de mettre en adéquation des compétences, d’engager de manière régulière l’ensemble des parties prenantes à travers un dialogue social bien structuré et de partager les décisions stratégiques à mettre en place, a-t-elle fait valoir.

Au niveau pratique, Mme Chaouche a affirmé que le projet STED-AMT est une démarche d’assistance technique développée par l’OIT pour le continent africain et qui vise à appuyer les secteurs à fort potentiel d’exportation, et de diversification économique et à exploiter leur plein potentiel à travers le développement des compétences anticipées qui leur permettent d’améliorer leur compétitivité et leur positionnement sur le marché mondial.

Et de poursuivre que le processus STED s’appuie sur des systèmes existants, permettant de mesurer les besoins en compétences de manière plus ciblée tant au niveau qualitatif, que quantitatif, avec une vision prospective sur cinq ans.

Les caractéristiques de cette approche méthodologique permettent la durabilité et la duplication sur l’ensemble des secteurs ou des chaines de valeurs ainsi que la mise en place d’un système d’évaluation des besoins en compétences précis, a-t-elle noté.

Cette rencontre virtuelle a été l’occasion de présenter les principales conclusions et recommandations du prochain rapport sur « Le capital humain et la création d’emplois productifs : remédier au déficit de compétences de l’Afrique ». Elle s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la 55ème Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique de la Commission économique pour l’Afrique (COM2023), prévue à Addis-Abeba (Éthiopie) du 15 au 21 mars 2023 sous le thème « Favoriser la reprise et la transformation en Afrique pour réduire les inégalités et les vulnérabilités ».

L’Afrique détient actuellement le taux de croissance démographique annuel le plus élevé au monde (2,5 %). Sa population globale devrait atteindre 2,9 milliards d’habitants d’ici 2050, tandis que sa population en âge de travailler (15-64 ans) devrait presque doubler, passant de 783 millions en 2021 à 1,56 milliard en 2050.

Selon le Forum économique mondial, l’emploi hautement qualifié ne représente, en moyenne, que 6 % de l’emploi total en Afrique (hors Afrique du Nord), contre 24 % dans le reste du monde.

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