Maroc

Affaire Immobilière Scandaleuse : 240 Appartements Illégalement Acquis Conduisent des Professionnels du Droit devant la Justice

Dans une affaire qui a secoué la communauté juridique marocaine, des avocats, des notaires et même des juges se retrouvent aujourd’hui devant la justice pour leur implication présumée dans un vaste réseau criminel ayant illégalement acquis plus de 240 appartements à Casablanca. Cette saga immobilière troublante a laissé des dizaines de familles sous le choc et dans l’incertitude.

L’affaire, qui a été portée devant la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca, concerne des actes de vol immobilier à grande échelle perpétrés au sein du complexe résidentiel « Romandi » à Maârif, la capitale économique du Maroc.

Selon les informations, la famille Belqarchi, l’une des familles touchées par cette affaire, détient tous les documents prouvant sa légitimité en tant que propriétaire d’un appartement résidentiel dans le complexe. Cependant, ils ont été choqués de découvrir que certains de leurs voisins avaient été expulsés de force il y a des années par les membres d’un gang bien organisé. Actuellement, deux de ces membres purgent une peine de prison dans une affaire distincte liée au vol immobilier à Casablanca.

Ce qui rend cette affaire encore plus choquante, c’est que cette mafia immobilière aurait compté parmi ses membres des juges qui auraient émis des décisions d’expulsion en échange de biens immobiliers. Elle aurait également bénéficié du soutien de notaires et d’avocats, qui auraient facilité le processus de vol de ces propriétés.

Parmi les victimes de cette affaire, on trouve Yasmine Benis, une jeune femme orpheline et en situation de handicap, qui lutte pour récupérer son appartement résidentiel, illégalement saisi par cette mafia immobilière. Au cours des deux dernières années, elle s’est rendue à maintes reprises à la Cour d’appel pour résoudre cette affaire complexe qui pourrait lui rendre son bien familial, saisi par le biais de décisions judiciaires douteuses.

L’enquête a également révélé le rôle clé joué par les autorités compétentes, notamment la Brigade nationale, sous la direction d’Abdelhak El Khayam, ainsi que le juge Hassan Matar, dans le suivi et la transmission du dossier à la Chambre criminelle. Ils veillent à ce que tous les accusés impliqués dans la confiscation des biens des citoyens soient traduits en justice.

Parmi les accusés figure un ancien greffier qui aurait aidé les membres du gang à accéder aux détails de plusieurs affaires judiciaires à l’époque. Un autre accusé se serait fait passer pour un investisseur français, prétendant détenir des biens immobiliers en toute légalité. D’autres complices, résidents de l’immeuble, étaient chargés de collecter les loyers, tandis que d’autres membres du gang « Hayim » auraient falsifié de nombreuses taxes foncières en manipulant des documents officiels et des certificats d’identité, ainsi que des sceaux officiels de l’État.

Cette affaire sordide a vu des criminels s’emparer illégalement d’appartements en falsifiant des documents administratifs. Ces appartements étaient ensuite utilisés pour obtenir des jugements judiciaires favorables à cette mafia immobilière, qui avait déjà privé des citoyens de leur logement depuis les années 50 du siècle dernier.

Les victimes de cette vaste escroquerie immobilière ont subi d’importantes pertes tant sur le plan financier que psychologique, alors que les membres de cette mafia ont hypothéqué les certificats de propriété auprès des banques, obtenant ainsi des millions de dirhams. Cette mafia cible délibérément divers quartiers résidentiels de Casablanca, en particulier les quartiers huppés où le prix au mètre carré ne cesse d’augmenter.

L’affaire, qui est actuellement devant la justice, continuera de faire l’objet d’une couverture médiatique étroite alors que le pays attend de connaître le sort des personnes accusées d’avoir participé à cette entreprise criminelle de grande envergure.

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