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L’Algérie passe à l’action, après le redéploiement de sa diplomatie

Par Taieb Dekkar*

Il n’y a pas de doute que l’Algérie soit passée à l’action, immédiatement après le redéploiement de sa diplomatie et bien évidemment de ses services de renseignements extérieurs, dont l’ex-directeur vient d’être jeté en prison, pour connivence avec l’étranger.

L’Algérie, après avoir fait la guerre au terrorisme, pendant plusieurs années, en devient un fabriquant, pour déstabiliser le Royaume. Les analystes d’une des  Fondations allemandes avaient tort de penser que le Royaume devrait ralentir son élan de développement pour attendre l’arrivée du train algérien. Il est impossible de condamner le  TVG marocain à rouler à la vitesse des anciens trains algériens. Une grave erreur des analystes allemands, qui observent pourtant, sur place, la situation dans l’un comme dans l’autre pays. Regardons les élections organisées dans l’un comme dans l’autre pays. Une désaffection générale en Algérie, un taux d’abstention record avec zéro participation en Kabylie, région frappée par des incendies suspects, que l’armée entendait probablement sanctionner, après l’alignement du MAK sur les thèses plaidées par Omar Hilale, représentant du Royaume aux Nations unies.

L’Algérie, comme je disais, devient ainsi un fabriquant du terrorisme, après le redéploiement de la diplomatie algérienne et la création d’envoyés personnels de Lamamra dans le monde, dont Monsieur Sahara, qui doit ses galons, non pas à son passage à Varsovie, comme un illustre inconnu, mais à Bruxelles où il a eu à plaider la cause première de l’Algérie : le Polisario. Rappelé à la rescousse, comme diplomate  «chevronné», comme d’ailleurs son mentor Laamamra, depuis sa retraite,  Monsieur Sahara et Maghreb n’avait pas suspendu entre temps sa collaboration avec les services de renseignements, et offrit sa plume au journal des services «l’Expression», dans l’espoir de décrocher une prorogation de ses prestations anti-marocaines.Voila ce qui a été fait.

 Immédiatement, les services de renseignements algériens, qui brillèrent par leurs échecs cumulés de ces derniers mois,  et maintenant que les mercenaires ne peuvent plus accéder à Guerguerat, où ils avaient abandonné leurs souliers, après leur débandade (souliers livrés à la Minurso pour les restituer à leurs propriétaires au cas où ils réclameraient), ont choisi le terrain malien pour assassiner des camionneurs marocains, dans l’espoir évident d’Alger de rompre l’immense  trafic commercial et routier entre nos deux pays. L’Algérie entend ainsi opérer contre le Royaume depuis les territoires de pays voisins, qu’elle œuvre ainsi à déstabiliser, contrairement à son discours démagogique et son rôle soi-disant stabilisateur dans la région du Sahel.

Une fois les preuves établis sur la connivence entre l’Algérie et le Polisario dans l’attentat terroriste contre des camionneurs marocains, le Maroc devrait saisir l’Union africaine, la ligue arabe, l’Union européenne et l’ONU, sur la réédition par Alger de ses sinistres et farfelues projets de Guerguerat. Le Maroc devrait engager une vaste campagne d’explication dans le monde sur ces impairs de l’armée algérienne, à priori dictés par l’instabilité intérieure dans ce pays, la déroute politique, économique et sociale et la détresse du peuple algérien, face aux multiples pénuries qui secouent ce pays pétrolier et gazier qui, paradoxalement, vient d’effacer les créances de certains pays africains (un milliard de dollars), en attendant de leur demander, en retour, leur soutien dans ses stratégies anti-marocaines.

La tentative de remobilisation de la diplomatie algérienne et des services de renseignements extérieurs est incontestablement vouée à l’échec car, comme le soulignent d’ailleurs des intellectuels  algériens, la politique extérieure est le reflet de la politique intérieure. Si à l’intérieur, une crise multiforme secoue gravement le pays depuis plusieurs années, que 32 Généraux et Généraux-major sont actuellement en prison, qu’une vingtaine de ministres dont deux anciens «respectables» premiers ministres purgent de lourdes peines dans les geôles de l’armée, que le régime mis en place après la déchéance de Bouteflika est contesté, comment voulez-vous que la diplomatie, qui traine derrière elle ce lourd passif, puisse se redéployer pour retrouver ses gloires des années soixante dix !!! Cela me parait utopique, y compris avec des diplomates chevronnés. Je crois pour finir que l’Algérie complique sa situation davantage sur le plan international, en se livrant à des attentats anti-marocains. L’Algérie passe ainsi au statut d’Etat terroriste !

*Journaliste et écrivain

 

Avec MAP
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