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changement des rapports de force à Casablanca

La scène politique à Casablanca a connu de grandes mutations, suite aux résultats des élections législatives, communales et régionales du 8 septembre qui ont donné lieu à un changement radical des rapports de force.

Ce changement a fait que le Parti de la justice et du développement (PJD), qui a conduit la coalition gouvernementale durant deux mandats successifs, a perdu sa position au sein même de son fief électoral, face à la montée en puissance du Rassemblement national des indépendants (RNI).

Lors de ces échéances législatives, le PJD n’a pu conserver les 15 des 26 sièges remportés à cette préfecture, alors qu’à l’époque le RNI n’a pu obtenir que 2 sièges contre 7 pour le Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé 2ème lors de cette étape. Le passage du PJD de 15 à 1 siège actuellement, outre la perte des sièges obtenus lors des précédentes élections communales (30 sièges, contre 2 sièges actuellement) et régionales (74 sièges contre 18 actuellement) a ses significations quant à l’évaluation de l’expérience de ce parti dans la gestion de la chose locale lors de sa présidence de plusieurs conseils communaux et du conseil de la ville, outre la baisse de sa popularité auprès de la population casablancaise.

Face à la chute inédite de ce parti, le RNI a fortement amélioré son score au niveau de la ville, vu qu’il est arrivé en tête des élections des membres du conseil de la région Casablanca-Settat, après avoir rempoté 26 des 75 sièges prévus, contre 6 sièges en 2015, et des élections du conseil communal de Casablanca, en obtenant 41 des 131 sièges prévus, comme il a obtenu 8 sièges lors des élections législatives contre 2 précédemment. Les résultats montrent une prédominance du RNI sur la carte électorale dans la capitale économique, au moment où la question de la présidence des conseils reste tributaire de la nature des alliances des partis arrivés premiers qui pourraient être contraints de s’allier avec de petits partis pour la formation d’une majorité et gagner la présidence.

Le quotient électoral y a été pour beaucoup dans la carte politique locale en permettant aux petits partis d’avoir un siège au titre des élections communales et en limitant la progression des grands partis, puisqu’aucun parti n’est parvenu à avoir 2 sièges à la fois dans des circonscriptions législatives ou communales. Le quotient électoral a plutôt rendu service à des candidats de partis qui étaient classés derniers mais qui ont figuré parmi les vainqueurs.

Ces constats préliminaires ont été confirmés, dans un entretien à la MAP, par le professeur en droit constitutionnel et sciences politiques à l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Amine Essaid, en réaction aux résultats du triple scrutin.

Concernant l’opération de vote et les raisons du recul du PJD dans un de ses fiefs électoraux, le professeur a expliqué que c’est la nature du vote qui a donné lieu à ces résultats du scrutin, vu que le vote politique, qui a prédominé en 2015 et 2016 dans cette région du Royaume, a cédé la place au vote local, autrement dit les listes locales ont présidé à l’orientation des circonscriptions législatives.

Il a également fait part d’un vote-sanction, puisque le parti qui présidait le conseil régional a perdu la plupart de ses sièges, et que le PJD ne peut présider actuellement aucun conseil d’arrondissements de Casablanca, bien plus l’ancien maire de la ville a perdu son siège parlementaire.

Le PJD a perdu ses sièges même dans les circonscriptions électorales qu’il prédominait, dont la circonscription de Hay Hassani et autres, alors que les autres grands partis ont préservé leurs sièges dans toutes les circonscriptions électorales à Casablanca (RNI, PAM, PI et MP), a-t-il relevé…

Avec MAP
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